Quand on a été contactés par Christophe Van Reusel, qui passe tous les jours ou presque par le carrefour des Quatre Bras de Trazegnies pour se rendre au boulot, on s'est vite rendu compte de l'ampleur de la catastrophe que représente ce carrefour. Il sert de passage principal vers le R3 en venant de Courcelles, Gouy et Souvret. Et il est dans un état lamentable...

Nids-de-poule, ornières, bosses de la taille d'un casse-vitesse à deux endroits qui secoue les automobilistes qui y passent ne sont que la partie visible quand on passe en voiture. Mais le marquage au sol est également inexistant, effacé par les ans, même les passages piétons ne sont plus distinguables. Le comble : les feux ne sont pas aux normes, il n'y a aucune indication pour les piétons, qui doivent donc passer en se carapatant dès qu'il n'y a pas l'air d'y avoir de voiture qui passe. 

© Un des passages piétons les mieux conservés - van Kasteel

"C'est hyper-dangereux", témoigne Christophe qui nous a montré sur place l'ampleur des dégâts. "J'ai dû refaire la géométrie sur ma voiture, je suis sûr que c'est à cause de cet endroit. Et quand j'y passe en vélo, je ne suis pas rassuré non plus ! Tout le monde a les yeux rivés sur le tarmac pour éviter les trous et les bosses plutôt que de faire attention à ce qui les entoure." Dans le quartier, on nous le confirme aisément : c'est la catastrophe. Deux passantes, qui habitent le quartier depuis les années 80, nous signalent que ça doit être rénové depuis des lustres... mais que rien ne bouge jamais!

Renseignement pris, de fait: la dernière occurrence dans la presse, c'était en octobre 2018. On promettait des travaux tout bientôt... et depuis rien n'a changé, si ce n'est que l'état s'est encore détérioré. "Ca fait quatre ans que j'ai les mains dans le cambouis par rapport à ce carrefour, que j'envoie des mails, des courriers, que je prends des contacts: ce sont en fait des routes régionales (N583 et N584, NdlR)", signale Caroline Taquin (MR), la bourgmestre locale. "J'ai eu une promesse du ministre Di Antonio à l'époque, mais avec le moratoire sur les travaux publics du ministre Henry, ça n'a jamais décollé. C'est pourtant un carrefour-clé de Trazegnies."

Mais Caroline Taquin avait aussi une bonne nouvelle : les travaux ont été approuvés, ils devraient commencer à la mi-mai, ou la mi-août au plus tard, selon l'état de la commande des nouveaux feux de signalisation. "J'en ai eu la confirmation par les autorités régionales, que j'avais invité à venir se rendre compte de la situation sur place!" se réjouit-elle. "Et il y aura d'autres bonnes nouvelles qui vont suivre pour les routes régionales sur notre territoire, ils se sont rendus compte en venant qu'il était plus que temps de faire un lifting, on a été laissé à l'abandon trop longtemps."

La bourgmestre insiste pour souligner le travail de l'administration wallonne: "on peut leur dire chapeau, parce qu'avec les moyens qu'on leur alloue, ce n'est pas facile. Ils doivent jongler pour grapiller quelques milliers d'euros ici et là afin de pouvoir lancer les travaux. Rendez-vous compte: sur Courcelles, au niveau communal, on a dégagé 19,4 millions d'euros sur neuf années pour les routes. À la région, c'est visiblement beaucoup plus difficile: c'est important de développer la mobilité douce, on est tous d'accord, mais il ne faut pas oublier les voiries régionales. Clairement, les budgets ne sont pas suffisants", analyse-t-elle, critique. 

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