Le directeur général de l’intercommunale dresse un état des lieux.

À Charleroi, l’intercommunale Tibi est chargée de la collecte et du traitement des déchets ménagers, ainsi que de l’intégralité des missions de propreté publique dans le district centre. Rencontre avec le directeur général Philippe Teller.

Avez-vous dû limiter votre activité ?

"Nous avons mis en veilleuse les projets et services qui ne sont pas essentiels aux besoins de la population pour nous concentrer sur nos priorités : la salubrité urbaine, c’est-à-dire le ramassage des ordures, et le nettoyage de l’espace public. Toutes nos tournées sont actuellement assurées, en ce compris les sélectives en porte à porte. Et nous remplissons 100 % de notre contrat de propreté publique avec la Ville de Charleroi. Je suis fier de nos équipes. Les citoyens ne s’y trompent pas : sur les réseaux sociaux comme sur le trajet de nos collectes, les ouvriers sont remerciés et encouragés par les citoyens !"

Pourquoi avoir fermé les recyparcs ?

"Cette mesure nous a été imposée par circulaire ministérielle, afin de réduire les déplacements sur le territoire en période de confinement. Mais les préposés aux parcs ont accepté le principe de renforcer les équipes de première ligne, avec l’appui des organisations syndicales. C’est un autre signe de leur grand sens du service public et de la responsabilité, ils seront à pied d’œuvre dès cette semaine dans de nouvelles fonctions !"

Les déchets non déposés en recyparcs ne risquent-ils pas de se retrouver en voirie ?

"C’est pour éviter ça que notre communication a évolué ces derniers jours. Sur Facebook et sur notre portail internet, nous invitons les Carolos à redoubler de civisme. Notre responsable com sensibilise les usagers à réfléchir à l’impact de chacun de leurs actes. Ils sont invités à postposer les travaux qui peuvent l’être : tonte des pelouses, taille des haies, évacuation du grenier, rénovations intérieures, bref, tout ce qui est de nature à alléger la charge de nos agents au quotidien, pour leur permettre de continuer à bien remplir leurs missions de base qui sont cruciales."

Ne faut-il pas intensifier les contrôles ?

"Prendre soin de soi et des autres, c’est ce à quoi chacun de nous est appelé depuis le début de cette crise. Cela s’applique également à nos travailleurs, il faut les ménager, les soutenir pour ce qu’ils font. En matière de contrôle, je mise beaucoup sur le contrôle social. En effet, si 99,9 % de la population a pris la mesure des enjeux actuels, il faut recadrer le 0,1 % qui fait n’importe quoi, et met ainsi en péril tout le système au service de la collectivité."

D.A.