Isabelle Delmotte ne se souvient pas avoir étranglé son mari, Didier Francq

CHARLEROI Trois mois et demi après avoir été incarcérée pour le meurtre de son mari, Isabelle Delmotte a été libérée, ce jeudi, par la chambre des mises en accusation de Mons. Le 31 mai dernier, une dispute avait éclaté entre cette Carolorégienne de 44 ans et son mari, Didier Francq, au sein de leur appartement du boulevard Tirou.

Coutumier de ce genre d’accrochage, le couple avait consommé de l’alcool. Isabelle, qui se remettait à peine d’une pancréatite, n’avait plus ingurgité une goutte depuis des mois. Inutile de dire que les quatre canettes de 33 cl ont eu un effet dévastateur sur son état. Dès les premiers échanges verbaux, le petit cousin, qui était présent dans l’appartement, a quitté la pièce.

Et c’est à ce moment qu’Isabelle a saisi son mari à la gorge et a serré de toutes ses forces, jusqu’à ce que mort s’en suive. La quadragénaire, qui avait 2,17 grammes d’alcool par litre de sang, ne se souvient de rien. À l’arrivée de la police, elle pensait d’ailleurs que Didier faisait une crise d’épilepsie.

Me Nicolas Tzanetatos, conseil de l’inculpée, a introduit une requête de mise en liberté de sa cliente, ce jeudi, devant la chambre des mises en accusation de Mons. Une demande prématurée, selon le parquet général.

Mais l’avocat a joué sur l’absence de casier judiciaire et de danger pour la société. Me Tzanetatos a proposé diverses mesures alternatives à la détention préventive, estimant que celle-ci ne se justifiait plus vu l’absence de risque de récidive.

Le Président a finalement accepté cette requête et libéré Isabelle sous conditions, à savoir l’obligation de suivre un traitement psychologique et une thérapie pour ses problèmes d’alcool.

L’inculpée est donc à présent libre… du moins jusqu’à son procès.



© La Dernière Heure 2012