Cindy, qui accompagnait son petit ami mineur, est complice de l’agression d’un septuagénaire

Les larmes coulent sur le visage émacié de Cindy. Face au tribunal correctionnel de Charleroi, cette jeune femme tremble de tout son corps, à l’heure de répondre d’une agression particulièrement odieuse sur un septuagénaire. "C’était apparemment plus facile de s’en prendre à une personne âgée que de comparaître devant moi", soulève le juge Moulard tout en exhibant les photos des blessures encourues par la victime. Les faits que l’on reproche à cette ex-SDF de 24 ans remontent à 2013.

Sans le sou, Cindy a eu l’idée de commettre un vol chez Ernest, un ami de son père, en sachant parfaitement qu’il s’agissait d’une personne particulièrement faible. "Elle s’est présentée chez la victime avec son petit ami mineur et a réclamé un verre d’eau", explique la substitute Samain. "Le septuagénaire a forcément accepté et ils ont discuté durant une heure, toujours avec ce projet de vol en tête. Finalement, le mineur s’est levé et a donné un coup de poing au préjudicié, qui a été ligoté dans sa chambre avec des ceintures et frappé avec une barre de fer."

Les auteurs ont finalement pris la fuite en prenant soin d’enfermer Ernest à double tour. Sérieusement blessé, ce dernier a mis plus d’une heure à se libérer et a dû sortir par la fenêtre pour appeler les secours.

Bien évidemment, il n’a pas fallu longtemps pour identifier Cindy et son complice. Celui-ci étant mineur, seule la jeune femme doit aujourd’hui répondre de vol avec violence, tentative d’extorsion et séquestration devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Et comme elle n’a pas répondu à la première convocation, la prévenue a écopé de cinq ans de prison ferme, jugement contre lequel elle fait aujourd’hui opposition.

Pour le parquet, Cindy "n’est pas l’oiseau pour le chat" qu’elle laisse transparaître à l’audience. Les experts relèvent chez elle une agressivité latente et une absence de culpabilité. Il conviendrait donc de confirmer les cinq ans de prison.

Me Vanardois, conseil de Cindy, préférerait une peine de travail qui permettrait à sa cliente, qui n’a jamais travaillé de sa vie, de poursuivre sa réinsertion. Cindy a en effet trouvé un logement et est maman d’une petite fille de neuf mois. Jugement le 22 février. F. D.