Les travaux de déconstruction commencent la semaine prochaine.

C’est un chantier peu commun qui va prendre cours à Lodelinsart dans le cœur historique de la commune, sur la place Edmond Gilles près de la Ruche Verrière : la déconstruction de l’église Sainte-Marie. "Fragilisé par des problèmes de stabilité, l’édifice représente un danger pour la sécurité publique", explique l’échevin des Bâtiments de Charleroi Xavier Desgain (Ecolo). Le lieu de culte s’est progressivement dégradé, soumis aux outrages du temps : des fissures sont apparues dans certaines de ses travées, révélant un affaissement lié à l’inclinaison du terrain. Dès lors, son accès a été interdit. C’est ainsi que les offices religieux ont été délocalisés : ils se tiennent dans une infrastructure voisine de la Poste, qui a accepté de les accueillir.

Face aux dangers d’effondrement, la Ville de Charleroi a pris des mesures d’urgence. En bonne coordination avec l’évêché de Tournai et la fabrique d’église, un arrêté de déconstruction a été adopté le mois dernier : il sera mis en œuvre dès la semaine prochaine, à partir du lundi 25 novembre. Une rénovation aurait coûté trop cher, selon l’échevin qui avance le chiffre de plusieurs millions d’euros, un investissement impayable. Le coût de ces travaux a été estimé à 0,7 million, il figure au budget.

C’est dans le cadre du marché stock démolition que Charleroi a mandaté l’entreprise Wanty. "Cette dernière a été choisie pour son expérience, ayant déconstruit récemment une église à Manage." Un de ses représentants viendra expliquer ce mercredi soir aux riverains, en compagnie de l’échevin, comment les opérations seront menées, pendant une durée qui n’a pas été précisément évaluée mais qui devrait courir sur plusieurs semaines. Le comité de quartier et le conseil de participation du district en ont été informés. Le rendez-vous est fixé à 19 h à la Ruche Verrière.

Dans un premier temps, un périmètre de sécurisation sera installé autour de l’édifice, rapporte Xavier Desgain. La mise en œuvre du démontage viendra dans la foulée : la priorité est le décrochage des cloches, dont le poids représente une menace pour la stabilité et la sécurité. Le bâtiment sera déconstruit de manière progressive, de haut en bas. Une attention particulière sera portée à la récupération des matériaux nobles, dont les vitraux. Si le sol n’a pas été désacralisé, aucune promesse de nouvelle église ne figure à l’agenda politique. Un réaménagement de la place Edmond Gilles est toutefois à l’étude au sein de la cellule Bouwmeester.