L’échevine Laurence Leclercq veut améliorer le dispositif de contrôle des logements.

Quand la cellule Contrôle Urbanisme/Logement de Charleroi a vu le jour sous la précédente mandature, son action s’est d’abord portée sur l’intra-ring, avec des visites systématiques des habitations données en location.

Poursuivre les contrôles sur ce modèle à l’échelle de tout le territoire aurait pris des décennies : "C’est pour cette raison que nous avons décidé de mieux exploiter les données dont disposent les acteurs de notre task force logement", indique l’échevine Laurence Leclercq (PS). "La force de notre dispositif, c’est sa transversalité. Plusieurs départements communaux s’échangent des infos : urbanisme, logement, population, police, pompiers…", observe-t-elle. "Lorsqu’il existe un faisceau concordant d’indices de fraude, la cellule en est informée. C’est alors là qu’elle concentrera d’abord son attention, la volonté étant de lutter contre les marchands de sommeil."

Exemple : un citoyen qui vient se faire domicilier à une adresse inconnue de l’état civil constitue un indice. Idem si l’agent de quartier repère une grappe de boîtes aux lettres sur la façade d’un immeuble censé être unifamilial.

Pour renforcer l’efficacité opérationnelle, l’échevine veut associer de nouveaux acteurs. Le service de la Propreté a des données éclairantes à partager : "La présence de matelas abandonnés en voirie peut constituer l’indice d’une concentration de logements, dont certains ne sont pas connus de notre administration", commente-t-elle. "De même, le CPAS détient également des indications pouvant contribuer à l’identification de marchands de sommeil."

Dans les prochaines semaines, Laurence Leclercq mettra cette réflexion à l’agenda politique du collège. Elle entend en parler avec ses collègues socialistes Mahmut Dogru échevin de la Propreté, et Philippe Van Cauwenberghe, président du CPAS.

La salubrité, l’autre problème du logement

Pour améliorer l’offre locative, l’échevine suggère également de renforcer les critères qui définissent la salubrité des logements en Wallonie.

D’abord, le seuil de superficie fixé par le législateur. Ce seuil est de 15 mètres carrés. Pour avoir elle-même vécu dans un 12 m² à Londres où elle a travaillé, l’échevine sait qu’un "tel espace est insuffisant à garantir une vie décente comme l’impose la Constitution". Ensuite, l’arrêté du gouvernement wallon n’impose que la présence d’un seul point d’eau courante pour une habitation. "En 2019, il me semble qu’un robinet est loin de pouvoir répondre à tous les besoins d’un locataire." Laurence Leclercq compte y sensibiliser le ministre de tutelle Pierre-Yves Dermagne (PS).