Pas moins de 10.853 logements ont été identifiés comme potentiellement vides.

Analyser les indices de consommation d’eau et d’énergie pour identifier les logements potentiellement vides. D’application depuis deux ans en région bruxelloise, la mesure est entrée en vigueur au sud du pays. Sous la précédente mandature, le Parlement wallon a en effet adopté la proposition de décret de la députée Isabelle Meerhaerghe (Écolo).

C’est dans ce cadre que le centre d’étude en habitat durable a été mandaté pour mener une enquête pilote à Charleroi : ses résultats communiqués par le ministre Furlan (PS) ne manquent pas d’interpeller. De fait : 10.853 compteurs présentent des indices inférieurs au seuil minimal d’occupation, soit 5 mètres cubes d’eau et 10 kwH d’électricité par an.

Quand on sait que l’entité compte 97.000 boites aux lettres pour 90.000 logements individuels et collectifs, cela représente un peu plus de 10 % du parc résidentiel - énorme ! Quelles suites la ville compte-t-elle donner à cette enquête pilote ?

Au conseil communal ce lundi, le conseiller Xavier Desgain (Écolo) a posé la question à l’échevine de tutelle, Ornella Cencig (MR). Quelle est la différence entre ces résultats et le nombre de logements visés par la taxe communale sur les inoccupés ? Comment allez-vous réagir par rapport à cette situation ?

D’entrée de jeu, l’échevine a confirmé l’envoi de questionnaires à 5.000 propriétaires tirés au sort. "Ils seront appelés à s’expliquer sur les raisons de ces consommations très faibles. Je rappelle qu’à ce stade, rien n’indique que les logements ne sont pas habités."

Divers motifs d’absence sont en effet possibles : hospitalisation, séjour à l’étranger, admission temporaire en maison de retraite… On verra à l’issue de l’analyse quel sera le taux final. L’objectif prioritaire n’est pas d’augmenter le rendement de la taxe sur les immeubles inoccupés, mais de remettre un maximum de biens sur le marché locatif ou acquisitif. Moyen : lever les obstacles et les freins qui amènent des propriétaires à laisser leurs appartements ou maisons vides.

Des personnes n’ont pas le temps de s’occuper de la location de leurs biens, manquent de moyens pour les rénover. D’autres ont peur des dégâts locatifs ou du non paiement des loyers. Or, il existe des dispositifs pour faire face à ces situations : l’agence immobilière sociale s’impose comme un opérateur de premier plan.

Mieux faire connaître son champ d’action, ses services et le panel d’aides publiques en vigueur. C’est l’intention de la Ville de Charleroi. Parmi les pistes explorées, l’élaboration d’un dépliant d’information. Il serait envoyé à tous les propriétaires confrontés à des difficultés de gestion ou de réhabilitation.