Quel triste spectacle! Et les passants et observateurs sont partagés entre la désillusion et le dépit, ce vendredi sur la place Verte à la ville basse de Charleroi : "quelle tristesse", nous lance un passant. "Ca fait combien de temps qu'elle est là, la statue?" s'enquiert un couple. "Si ça n'avait pas été ça, ça aurait été des tags..." désespère un troisième interlocuteur. On ne les a pas interrogé, c'est spontanément, devant la statue de Gaston, que ces Carolos sont venus nous parler. D'humain à humain. De Carolo à Carolo. Pas de badaud à journaliste, ça donne le ton.

Parce que la statue de Lagaffe, installée il y a 7 jours à peine (vendredi dernier), a été vandalisée. Un des deux phares avant de sa Fiat a été partiellement arraché.

© van Kasteel

"This is why we can't have nice things", comme dirait Internet: voilà pourquoi on ne peut pas avoir de belles choses. La statue, conçue pour durer dans le temps avec ses 300kg de résine et de métal, pensée pour éviter les tags avec de la peinture spéciale, prévue pour être au milieu d'une grande place publique pour avoir un contrôle social... n'aura duré que sept jours. Et on n'est visiblement pas sur un accident: rien n'est tordu, plié ou griffé. Un phare a seulement été soigneusement arraché, avec force et conviction. Pour le plaisir. 

Derrière l'oeuvre, il y a plus d'un an de travail. Un artiste et un dessinateur. Il y a plusieurs services de la Ville de Charleroi. Il y a de nombreux membres du personnel des éditions Dupuis. Il y a la mémoire de Franquin aussi. C'est tout simplement triste et décevant. 

Heureusement, ça ne devrait pas rester en l'état: la Ville de Charleroi et Dupuis nous indiquent "mettre tout en oeuvre pour intervenir rapidement et faire une réparation".