Vendredi dernier, tout le secteur jeunesse attendait avec impatience les annonces du gouvernement fédéral. Hélas, les actions de ces derniers jours demandant un assouplissement des mesures notamment dans les maisons de jeunes n'ont pas été entendues.

Sur le terrain, le soleil de ce lundi n'efface pas le goût amer laissé après coup. Pour Patrick Timmermans, le directeur de For'J - fédération de maisons de jeunes regroupant 15 maisons de jeunes du grand Charleroi- il y a des avancées certes, mais le malaise et des conséquences de cette limitation des libertés sont à craindre. "On sent que cela va être très difficile. Le fait qu'il y ait des activités d'accrochage scolaire et sociales dans les MJ donne la possibilité d'organiser des activités. Il y a eu un changement. Le gouvernement, après trop longtemps de mois de fermeture complète, a quand même permis que des activités reprennent."

Avec des mesures prises au coup par coup, la cohérence de celles-ci est mise à mal. En effet, le décret régissant le fonctionnement précise bien qu'une MJ est destinée aux jeunes de 12 à 26 ans or les mesures actuellement en vigueur ne concernent que les 6-12 ans et les 13-18 ans depuis peu. Les 18-26 sont complètement oubliés. "Une des difficultés à gérer est la demande des 18-26 ans pour qui il n'est pas possible de faire quoi que ce soit. A part se réunir de manière illégale ou ne pas se réunir, il n'y a rien de prévu. Avec ce que les jeunes estiment être une injustice, il y a le sentiment qu'on leur vole leur jeunesse."

Même si les recommandations changent régulièrement, le secteur tente de rester la tête hors de l'eau en s'adaptant au plus juste. "Nous devons être réactifs car souvent de nouveaux protocoles nous sont envoyés le dimanche soir mais doivent être applicables dès le lundi, c'est un peu court!"

Actuellement, il est autorisé de se retrouver à 8 jeunes à l'intérieur avec un encadrant et 10 à l'extérieur. "Bien que nous ayons la possibilité de nous rassembler, les activités restent limitées. Par exemple pour les voyages d'un jour il n'est pas permis de le faire alors que les jeunes sont tous du même groupe, se déplacent dans un car et visitent un musée dans lequel il faut pourtant réserver. Tous est faisable mis pas autorisé. Les structures de jeunes doivent aussi tenir compte des différents règlements communaux. La police pourrait très bien intervenir à la vue d'un groupe de 10 jeunes. Il faut expliquer qu'il s'agit d'un groupe issu d'une maison de jeunes et qu'à ce titre il est permis de faire des activités en extérieur à 10."

Tous ces changements sont perturbants pour une jeunesse en quête de repères et déjà privée de bon nombre d'activités. Le directeur de la Fédération reste confiant pour l'avenir car les jeunes n'ont eu de cesse de soutenir leur mj dans lequel ils s'investissent tout au long de l'année. Malgré cette confiance en un avenir meilleur, Patrick Timmermans reste préoccupé par les conséquences de toutes les mesures jugées parfois incohérentes avec la réalité du terrain.