Charleroi

Le Comité de Développement Stratégique de Charleroi Métropole se rend au Royaume-Uni pour trois jours, pour rapporter des bonnes idées de développement.

Le deuxième jour de voyage pour la délégation carolo au Royaume-Uni n'était pas de tout repos. Après Londres hier, c'est à Manchester que le CDS (Comité de Développement Stratégique) a emmené politiques, syndicats et patrons d'entreprise. L'objectif n'a pas changé : trouver des bonnes idées de développement pour Charleroi Métropole. 

Manchester et Charleroi ont, en fait, pas mal de choses en commun. 

Toutes les deux ont un avantage logistique grâce à un canal, des ports et des docks. Au 19e, Manchester avait aussi du charbon en quantité. Ce qui a évidemment propulsé la ville en avant lors de la révolution industrielle : cela dit, c'est dans l'industrie textile du coton que la ville a fait parler d'elle. Comme à Charleroi, un jour Manchester a arrêté de produire en masse, un lourd tribut à payer puisque le coton y représentait 30% de l'emploi, et que la ville anglaise fournissait 1/3 de la production mondiale.

Et pour relever la tête, les British locaux ont misé sur le "Greater Manchester" : 10 autorités locales qui se sont mises ensemble pour développeur leur territoire et lui rendre une attractivité. Ca vous dit quelque chose? C'est exactement ce que Charleroi et 28 autres communes périphériques sont en train de mettre en place avec "Charleroi Métropole". L'échelle n'est pas la même (ils sont 2,7 millions, du côté carolo c'est 600.000), mais le procédé suit.

La transformation, pour réussir à se replacer sur la carte, est passée d'une industrie travailleuse à des "knowledge jobs", des métiers basés sur le savoir, la connaissance. Ils ont dépollué les terrains industriels, investi dans les universités locales, créé des pistes cyclables, puis ont tenté d'attirer les entreprises et les start-up... et ça a payé. Aujourd'hui, il y a plus de nouvelles tours en construction dans le centre de Manchester qu'à... Londres. Et ce sont près de 90.000 étudiants qui transitent chaque année dans les auditoires.

La BBC y a transféré une partie de ses activités. Les banques et les avocats sont venus en masse. Et le "Business Growth Hub", une ASBL ("non-profit", pour être exact) financée par les pouvoirs publics et l'Union Européenne, démarche depuis 2011 les entreprises. "Nous avons contacté 50.000 entreprises en 8 ans pour leur dire: voilà, on aimerait vous aider à vous développer, à grandir, et à vous exporter à l'international", explique Ian Mac Arthur. C'est un peu l'équivalent de l'intercommunale Igretec chez nous.

Bref, le pari de Manchester, dans une situation plus ou mois équivalente à celle de Charleroi, est gagné. Enfin presque. Ils font face à un problème de SDF impressionnant. Les autorités locales, qui ont élu pour la première fois il y a quatre ans un "maire" du Greater Manchester, tentent de s'attaquer au problème depuis 4 ans. Avec malheureusement assez peu de succès. On parle, maintenant, de légiférer pour déplacer le problème plus loin, hors de la vue du centre-ville... Une politique qui passerait assez mal de notre côté de la Manche.

Les représentants de la délégation carolo auront donc du grain à moudre pour développer Charleroi Métropole, tout en essayant d'éviter les écueils connus au Royaume-Uni. Attention toutefois, rappelle Igretec, que le but du voyage n'est pas de transposer un modèle de développement d'une ville étrangère chez nous, mais de s'inspirer de ce qui a marché ailleurs, pour voir si ça fonctionnerait, ou si ça pourrait être adapté chez nous. Charleroi Métropole n'en est, finalement, qu'au début de son mouvement.