C'est une initiative solidaire qui a lieu à partir de ce vendredi et ce jusqu'à la fin de l'année scolaire. L'association Récoltes Solidaires distribue des collations et des sandwishes tous les vendredis dans une école de Marchienne-au-Pont.

Le projet, réalisé en collaboration notamment avec la plate forme alimentaire de Charleroi trouve sa genèse dans un constat. "Nous avons de plus en plus d'enfants qui viennent à l'école sans collations ni même de tartines pour le dîner. Nous essayons tant que faire se peut de pallier ce manquement mais, hélas, nous ne savons pas le faire à chaque fois," explique une institutrice.

Face à cette dure réalité, l'école a contacté l'association Récoltes Solidaires afin d'avoir un soutien de le leur part et de faire jouer la solidarité. Un appel a donc été lancé sur les réseaux sociaux et très vite de nombreux bénévoles se sont manifestés afin de récolter des gaufres, des biscuits, des fruits ou encore des petits jus et des berlingots de lait.

Dès ce vendredi ce sont donc quelque 180 enfants qui pourront bénéficier d'une collation et d'un dîner. "Nous ne pouvons pas faire autrement que d'être sensible à ce genre d'appel. Les enfants n'en peuvent rien et cela démontre l'état de précarité de certaines familles de la région," commente Dolores Cerrato, l'une des responsables de l'association.

Un à un les élèves se sont présentés pour choisir librement leur petit 10 heures. "Que le projet commence aujourd'hui est un soulagement pour certaines familles. Nous sommes à la fin du mois et des enfants n'ont rien à manger de la journée et j'ai aussi un doute sur le fait que certains ont un repas au soir. Nous avons aussi des familles de réfugiés qui dépendent de tickets repas qui ne sont pas toujours suffisant," poursuit l'institutrice.

Si certains n'ont pas de quoi se nourrir durant la journée, il n'est pas rare que les institutrices doivent intervenir car des enfants ont dans leur mallette des tartines pourries.

Conscientiser les familles n'est pas chose aisée car derrière se cache une réalité cachée. "Nous connaissons des familles qui ne mettent pas leurs enfants à la fin du mois car il n'y a plus rien à manger ou à mettre dans une tartine. Demander aux élèves de partager n'est pas toujours la meilleure solution car cela crée de la stigmatisation et l'un ou l'autre peut donc être monter du doigt par ses camarades de classe."

Cette initiative solidaire est destinée à soulager les familles qui, au moins une fois par semaine, n'ont pas à se soucier de fournir un repas et une collation à leur enfant.

"Nous comptons poursuivre jusqu'à la fin de l'année scolaire et nous sommes aussi attentifs à récolter des dons qui nous permettront de poursuivre ce beau projet. Sans manger il est difficile de se concentrer et d'apprendre dans les meilleures conditions", conclut Dolores Cerrato.