Sale coup pour la ville de Charleroi sur le site du technopôle Villette.

Quatre mois après le lancement du chantier, l’aménagement du nouveau centre d’archives communales sur le site du Technopôle Villette à Marchienne va connaître un coup d’arrêt. Le Conseil d’État vient en effet d’ordonner la suspension du permis d’urbanisme accordé à la Ville de Charleroi par le fonctionnaire délégué. Saisie d’un recours des sociétés FT Châssis et FT Menuiserie installées sur le site, la juridiction administrative a établi l’existence du préjudice grave que les requérantes disent subir en raison des travaux. Le Conseil d’État a aussi considéré que les conditions imposées à la Ville dans le permis manquaient de précision.

Comme l’observent les avocats des PME Mes Benoît Havet et Audrey Zians, "la Région wallonne et la ville ont un délai de 30 jours pour demander la poursuite de la procédure en annulation" . Mais elles peuvent choisir la voie de la négociation à l’amiable, ainsi que la privilégie la cogérante de FT Châssis, Barbara Perrone.

Si l’échevin en charge des Bâtiments Xavier Desgain (Ecolo) s’y déclare favorable, trouver une issue au litige ne s’annonce pas facile. Et pour cause : ce litige prend naissance dans l’enclavement des copropriétés. Faute d’un accès direct à ses installations, FT Châssis ne peut envisager le développement de son activité ni d’extension immobilière, alors que la production est en hausse. De son côté, la Ville a besoin d’un parking pour ses bâtiments en construction : elle comptait utiliser l’espace de la voirie principale empruntée par les camions de livraison de la PME.

Alors que le charroi est dévié sur une entrée latérale plus étroite, avec des risques pour la sécurité routière, une seconde action est pendante devant la justice de Paix, où Me Jean-Pierre De Clercq qui intervient pour l’entreprise a soulevé deux arguments : d’abord, l’absence d’inscription cadastrale de l’accès principal. Ensuite, l’absence de servitude sur cette parcelle, ce qui entrave l’utilisation du bien occupé par les entreprises.

Dès notification officielle de l’arrêt, ce qui n’est plus qu’une question d’heures, les travaux devront être interrompus… avec le risque d’un retard considérable dans cette exécution.

Selon Xavier Desgain , "l’interruption du chantier n’aura pas de répercussions en cascade en amont. Une réunion se tiendra à court terme avec le fonctionnaire délégué en vue d’adopter une position commune" . Pour l’échevin des Bâtiments, la solution la plus plausible est l’octroi d’un nouveau permis dans lequel les imprécisions auront été levées. Une analyse est en cours.