"Quels sont les arguments pour imposer le masque dès six ans à l'école?", se demande Bernard De Vos, délégué aux Droits de l'Enfant à la Communauté française. "Si je m'en tiens à l'avis du Risk Assessment Group, ni le fédéral ni la communauté ne demande que ce masque soit porté. Tous les enfants sont égaux, mais on crée ici une discrimination entre les enfants en fonction de l'école qu'ils fréquentent, il me semble. Ca me semble unilatéral, sans l'avis d'experts, sans l'avis de la Communauté française... Normalement, on ne peut pas traiter de manière différenciée des enfants qui sont dans une situation similaire, c'est dans la Convention des Droits de l'Enfant. On peut justifier des exceptions, mais il faut voir comment on les justifie : les gamins de Courcelles sont-ils plus à risque que ceux d'une école d'une commune voisine? Ca n'a pas beaucoup de sens, pour moi."

La bourgmestre locale, Caroline Taquin (MR), nous a répondu : "L'idéal, ce serait que la mesure vienne d'un niveau de pouvoir supérieur, on n'aurait qu'à l'appliquer. Ce serait plus facile, c'est sûr. Et je comprend que c'est une décision difficile, et qu'il faut motiver la décision, mais on sait à Courcelles qu'on doit aller plus loin. Les clusters de contamination sont les familles, les homes et les écoles. Or, on a tenté le code rouge, et les contaminations dans les écoles ont continué, il faut donc aller plus loin. C'est ce que montre la situation sanitaire à Courcelles, en tout cas, puisque j'ai les chiffres de l'Aviq et de Sciensano. Je ne sais pas si les communes autour de Courcelles sont dans une situation similaire, je n'ai pas leurs chiffres, mais mon job c'est de prendre toutes les mesures de précaution possibles. Et si une autre commune veut nos protocoles, on peut très bien leur envoyer, on l'avait déjà fait pour d'autres décisions durant cette crise sanitaire." Et concernant une éventuelle discrimination à cause de l'accessibilité des masques, elle précise : "tous les foyers ont reçu plusieurs masques, y compris pour les enfants. On a aussi un stock stratégique dans chaque école et du stock à la commune si besoin."