Concernant les extorsions reprochées aux accusés, Me Bruno estime qu'elles sont établies, car les victimes ont été obligées, sous la menace, de remettre des fonds aux accusés. "L'aspect financier est omniprésent dans ce dossier, au détriment de l'aspect humain", déplore l'avocat.

Les avocats des parties civiles considèrent que la tentative d'extorsion (question principale de culpabilité), qui a eu lieu la nuit du 27 au 28 avril 2019, est établie. "Les deux accusés ont demandé de l'argent à Jacques Hubinon, alors qu'ils avaient déjà reçu 250 euros le matin. Les premiers coups ont plu dès la porte d'entrée. Ensuite, Johnny Falise a cassé, à coups de poing, la porte de la garde-robe pour faire peur aux victimes".

Comme son confrère, Me Bruno estime que Francine Genicot est co-auteure des faits reprochés à Johnny Falise. Il développe plusieurs arguments : "Les accusés sont réunis par la quête du gain facile, par n'importe quel moyen, depuis deux ans et demi, afin de financer leur consommation d'alcool et de drogue. Elle est systématiquement présente au moment des extorsions. Elle a vu les scènes de violence, mais n'est pas intervenue, ce qui témoigne de son adhésion sans faille au projet criminel. Elle avait pourtant les capacités d'intervenir. Elle connaissait les excès de violence de Johnny Falise, puisqu'elle se prétend elle-même victime de faits de violence. Elle connaissait les motivations personnelles de Johnny Falise et elle en a tiré profit. Il existait un pacte entre les accusés, avec un partage du butin 50-50. Même après les faits, elle ne s'est jamais désolidarisée de Johnny Falise".

Au sujet de l'intention d'homicide, contestée par les avocats de la défense, le pénaliste estime que les accusés sont coupables. "Les moyens utilisés ne sont pas anodins. Le médecin légiste a constaté de multiples lésions traumatiques importantes à la tête, au cou et au thorax. Marie Simon a reçu un uppercut. Quand vous frappez avec une telle rage, cela engendre ce genre de lésions", insiste l'avocat.

Des marques de strangulation profondes ont été constatées lors de l'autopsie réalisée par le médecin légiste. "Deux tiers des côtes ont été cassées. Selon l'expert, il faut utiliser une certaine force.

Jacques Hubinon, 75 ans, avait une santé fragile. Il avait de très lourds antécédents médicaux. "Les deux accusés savaient très bien que ces gens étaient fragiles. La violence extrême déployée par Johnny Falise aurait pu tuer une personne normale". Ensuite, les accusés ont remis Jacques dans son lit, le laissant agoniser à côté d'une femme qui ne comprenait pas ce qui se passait, en raison de son état de terreur et de santé mentale.

Le pénaliste a développé ses arguments en se basant sur la jurisprudence et a demandé aux jurés de prononcer la culpabilité des accusés pour une tentative d'extorsion avec la circonstance aggravante de meurtre, d'extorsions et de fraudes informatiques au préjudice de Jacques Hubinon et de sa compagne, Marie Simon.