Qui est chargé de l’entretien du tumulus gallo-romain de Marcinelle, à l’arrière d’un jardin de la rue de la Tombe sur un terrain appartenant à l’État fédéral ? En fait, on ne le sait pas trop bien. Depuis des années, un imbroglio oppose les pouvoirs publics sur les devoirs de maintien en état du site classé au patrimoine wallon.

C’est pour faire la clarté et sauver ce vestige de l’antiquité que le conseiller Défi Jean-Noël Gillard a récemment interpellé le collège. Dans le bulletin des questions écrites, l’élu rappelle que ce monument funéraire est protégé depuis 1992. Son existence est déjà attestée sur des cartes Ferraris du XVIIe siècle. Or, il se dégrade à vue d’œil.

Dans ce quartier proche de la cité de l’Enfance, les riverains rappellent les acteurs du dossier à leur sens des responsabilités et de la préservation de la mémoire. "Charleroi, ce sont d’anciens charbonnages et usines sidérurgiques, c’est un passé industriel fabuleux. Mais l’histoire ne s’arrête pas là", complète le mandataire. "Il s’agit de l’un des plus anciens témoignages de la présence humaine sur le territoire de la ville. Daté du IIIe siècle, ce tumulus représente un "salut" que nous devons à nos plus lointaines origines. Un salut qui a fait de Charleroi voici plus de dix-sept siècles une terre de mélanges dont nous ne pouvons qu’être fiers."

Si la commune et la Wallonie pointent la responsabilité de l’État fédéral qui ne remplit pas ses obligations, ce dernier considère que l’entretien est du ressort de la Région. En 2016, il avait été question de réunir tous les intervenants autour de la table afin de clarifier les devoirs de chacun, avance Jean-Noël Gillard. Comme le confirme l’échevin du Patrimoine Thomas Parmentier, cette rencontre ne s’est jamais tenue.

La Ville compte-t-elle relancer ce dossier ? Aucune intention n’est manifestée à ce stade. Or si l’on veut sauver ce tumulus, il est grand temps d’agir.