Les dossiers de coups et blessures sont nombreux, trop nombreux, à être évoqués devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Dans la grande majorité des cas, l’alcool ou les produits stupéfiants (ou les deux cumulés) ont généralement une grande influence sur les faits. Ce lundi, encore, un nouveau dossier de coups et blessures a été évoqué devant la juge Jadin et il concerne une mère et sa fille.

Les deux femmes ont un sacré penchant pour l’alcool. Gilberte, elle, boit depuis ses 14 ans. « Je buvais uniquement le week-end, car de la semaine, je travaillais ». Aujourd’hui retraitée, Gilberte consacre tout son temps libre à la boisson. Isabelle, sa fille, connaît le même problème. Les deux femmes vivent ensemble et descendent ensemble des bouteilles d’alcool.

Tout y passe. Bière, Vodka, Whisky et vin blanc. La quantité de bouteilles consommées par les deux femmes interpellent même la juge Jadin, qui précise n’avoir jamais bu de Whisky. « Vous avez tort, car c’est bon », conseille spontanément Gilberte. Le 4 août 2019, à Châtelet, mère et fille consomment plus que de raison depuis le dîner. Isabelle et sa mère Gilberte sont en conflit depuis plusieurs années. « Elle m’en veut, car je l’ai laissée avec mon mari quand je l’ai quitté, car il me battait », précise la mère.

L’alcool est à son paroxysme et la situation tourne à l’affrontement une première fois lorsque Gilberte, agressive, tire les cheveux de sa fille et lui donne un coup de poing. Isabelle se défend en repoussant sa mère, qui tombe à terre. Cette dernière est relevée par des voisines, intervenues après avoir entendu des cris. Les témoins vont alors coucher la mère, imbibée par l’alcool, pour tenter de calmer les esprits.

Vers 2h du matin, Gilberte se réveille et s’en prend, de nouveau, à Isabelle en l’insultant et en lui lançant un coussin dans le visage. La fille réagit et fait mine d’étouffer sa mère avec le coussin. La scène se termine enfin lorsque Gilberte se rend à la police, pieds nus et la bouche en sang. Aujourd’hui, Isabelle n’apaise pas les craintes du tribunal en confirmant être retournée vivre chez sa mère depuis quelques mois.

La substitute Dutrifoy requiert un an de prison contre Isabelle, sans s’opposer à un sursis probatoire. Pour Gilberte, une suspension avec des conditions est requise. Le parquet insiste pour que les deux femmes arrêtent de boire. « On boit encore un verre au repas et un verre au soir devant le film du soir », conclut Isabelle.

Jugement attendu le 2 novembre prochain.