Ce soir-là, les deux protagonistes de cette histoire étaient en état d'ivresse. Lors d'une dispute, Isabelle Lambert a frappé son compagnon, à deux reprises, avec un couteau de boucher. L'accusé ne se souvient de rien, faisant état d'un trou noir.

Me Valentin Rodriguez estime que les coups de couteau portés à l'épaule et au thorax de la victime étaient des coups d'attaque et non de défense. "Franck Frissen n'avait aucune chance de s'en sortir", a déclaré l'avocat.

Me Thierry Bayet va dans le même sens que son confrère. Selon lui, l'intention de tuer est établie par la nature de l'arme (un couteau de boucher équipé d'une lame de dix-huit centimètres), le nombre de coups, les zones visées et la force utilisée pour frapper. La lame a brisé deux côtes et a atteint le cœur. Enfin, lors de son appel aux services secours, l'accusée a déclaré "j'ai planté mon copain". Ce verbe n'est pas anodin pour les parties civiles, "le seul résultat voulu par l'accusée était la mort de Franck Frissen".

L'avocat a contesté l'excuse de provocation qui a été posée à la demande de la défense. Selon lui, le critère de proportionnalité n'existe pas dans cette affaire et rien ne prouve que Franck Frissen a usé de violences graves le soir des faits. Quant aux traces relevées sur le corps de l'accusé, les parties civiles estiment qu'elles peuvent avoir été causées par l'intervention des médecins urgentistes, qui ont été obligés d'attacher l'accusée avec des colsons, car elle était hystérique.