Charleroi

Alexandre Devos et Jean-Marie Demeure ne sortiront pas de leur cellule avant au moins 2032, et encore : que s’ils obtiennent une libération conditionnelle.

Ils auront alors plus de trente-cinq ans. Jason Saume et Martin Prince, de leur côté, resteront derrière les barreaux au moins jusqu’en 2025.

Ces quatre jeunes carolos ont été condamnés à perpétuité pour les deux premiers, à 25 ans pour les deux autres. Ils ont comparu durant sept jours devant la cour d’assises du Hainaut et y ont été reconnus coupables d’avoir attiré Nicolas El Mjaidri, un jumétois de 24 ans, dans un guet-apens, l’avoir tabassé, dépouillé de son argent et de sa camionnette, conduit dans un hangar abandonné à Lodelinsart, l’y avoir torturé puis lui avoir défoncé le crâne à coups de marteau, avant de le pendre alors qu’il était encore vivant. Avec les circonstances aggravantes qu’ils ont agi en bande, de nuit, et sur une personne souffrant de déficience mentale.

Pourquoi parle-t-on d’une possible libération en 2032 et 2025, alors ? En cas de condamnation à perpétuité, le détenu reste en prison mais peut prétendre - ça ne signifie pas qu’il l’obtiendra - à une libération conditionnelle après 15 ans. En cas de peine de plus de 3 ans, un tiers au moins de la peine doit être purgée, donc huit ans et demi. Et les quatre détraqués ont déjà passé un peu plus de deux ans derrière les barreaux avant leur passage devant la cour d’assises.

Les faits, horribles, remontent à novembre 2016. Alexandre Devos élabore un plan pour attirer Nicolas El Mjaidri dans un appartement : objectif, lui voler sa camionnette, la revendre, et s’acheter de l’alcool et des cigarettes. Jean-Marie Demeure, qui connaissait un peu Nicolas, est chargé de le convaincre de les y retrouver. Sur place, Martin Prince et Jason Saume les attendent. Ils attachent Nicolas, le dépouillent de l’argent qu’il avait sur lui, et le mettent dans le coffre de la camionnette.

Après un premier passage à tabac du jeune homme (mentalement retardé, on le rappelle), Alexandre Devos prend peur : Nicolas les a vu, et risque de raconter ce qu’il lui est arrivé. Il a alors l’idée d’emmener la bande et leur prisonnier dans un hangar abandonné. Malgré ses suppliques, Nicolas se fait brutalement tabasser, puis est pendu avec des sangles. Son cadavre est abandonné sur place, sous une couverture et des planches. C’est là qu’il sera retrouvé, trois jours plus tard.