Le 8 juillet 2018, en soirée, Yasin Driessens a préféré infliger une correction à Romain Martin que de porter secours à une femme qu'il pensait être en danger, lui portant de violents coups de pied à la tête. Romain est décédé le lendemain d'un traumatisme crânien à l'hôpital. Ses chances de survie étaient quasi nulles.

Le psychiatre a rencontré l'accusé moins de 24 heures après le psychologue, lors de l'été 2018, ce qui a agacé l'accusé, lassé de répondre aux mêmes questions. Son caractère impulsif a sauté aux yeux du thérapeute.

Yasin Driessens n'a pas contesté les faits qui lui sont reprochés, déclarant qu'il ne supportait pas qu'une femme soit maltraitée. Néanmoins, il a exprimé des regrets, selon les experts.

Le médecin a remarqué "un grand vide" dans la vie de ce jeune homme qui a été adopté très jeune et qui s'est senti comme un étranger au sein des familles qui l'ont accueilli.

Yasin Driessens a été placé dans un centre psychiatrique à plusieurs reprises pour soigner son comportement impulsif. Un sentiment d'abandon apparaît à plusieurs reprises lors de ces séjours hospitaliers. Le jeune homme a aussi été placé en IPPJ à plusieurs reprises. "On retient ses difficultés à se caser quelque part", note le psychiatre.

Malgré de nombreuses carences éducatives, le jeune homme est dans la moyenne intellectuelle de la population. Toutefois, le passage à l'acte est facile chez ce jeune homme qui présente des traits de personnalité borderline. "Quand on essaye de mettre un peu de stabilité dans sa vie, il met tout en l'air de lui-même", a déclaré le psychologue.

Détenu préventivement depuis les faits, Yasin Driessens fait l'objet d'un suivi psychiatrique et psychologique en prison. Me Lauvaux, son avocat, a voulu savoir si ce jeune homme était perdu pour la société. "Ce suivi est positif, mais il faut que cela se maintienne dans le temps", répond le psychologue. Le travail sera long.