Charleroi

Une peine de neuf ans de prison a été prononcée, vendredi, par la quatrième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut contre une mère de famille coupable de traitement inhumain sur ses enfants, de privation d'aliments et de soins et de coups et blessures volontaires. Son mari, également inculpé, s'est suicidé en prison.


En 2016, des pédiatres de l'hôpital Notre-Dame de Grâce de Gosselies avaient alerté les autorités judiciaires. Une fillette âgée de six ans avait un retard psychomoteur et une rupture importante au niveau de sa courbe de croissance. L'enfant était maltraité depuis ses 23 mois. 

Une enquête a permis d'entendre de nombreux témoins qui ont confirmé que les enfants se contentaient des couennes de jambon que leur père mangeait et que les plus jeunes buvaient des biberons composés de mayonnaise et d'eau. A l'école, les enfants fouillaient les poubelles et étaient surnommés "les estomacs sur patte". 

Les punitions corporelles infligées aux gamins étaient récurrentes. Les enfants étaient régulièrement enfermés dans leur chambre durant de longues heures ou forcés de rester à genoux dans un coin, les bras en l'air. Lors d'une de ces punitions, l'une des fillettes avait déféqué sur elle et avait été forcée manger ses excréments par son père. 

Pour le couple, un enfant représentait une allocation familiale. 

Le compagnon de cette dame s'est suicidé en prison. L'action publique lancée contre lui est donc éteinte.