Arrivé en Belgique à vingt-trois ans, dix ans après avoir quitté son pays natal, Ghorgita Balan dit avoir chipoté à la mécanique, à l'électricité, au bâtiment, avant de se mettre à voler, comme l'atteste son casier judiciaire européen, lequel mentionne plusieurs condamnations.

Marin Filimon (43 ans) s'est, lui, mis à voler vers huit ou neuf ans. Il arrive en Belgique en 2014, s'installe avec sa compagne à Charleroi en 2016 et achète une Peugeot grise. Laquelle a été aperçue par des témoins près des scènes de crime.

L'homme consommait à l'époque, de l'héroïne, de la cocaïne et de l'alcool, qu'il finançait en commettant des vols dans des habitations. "Quand il y avait quelqu'un, je partais, j'évitais le contact avec les gens. Je ne suis pas violent", a-t-il prétendu.

Aurel Nichiforean (39 ans) s'est mis à consommer de l'héroïne dès l'âge de quatorze ans, qu'il finançait d'abord par le travail, puis par des vols. Son casier judiciaire reprend un certain nombre de condamnations dans plusieurs pays européens pour des vols, "mais jamais avec violence", a-t-il dit.

Arrivé en Belgique en octobre 2016, il a continué à commettre des vols avec Marin Filimon, sous une fausse identité, "pour ne pas exécuter une peine de cinq ans de prison ferme, prononcée en Roumanie, pour des vols". Il déclare avoir participé financièrement à l'achat de la Peugeot grise et confirme que lui et Marin Filimon étaient présent lors de la tentative de vol durant laquelle la voiture a été repérée

Le 25 avril 2017, deux hommes pénètrent dans une maison, rue des Pêchers à Goutroux, occupée par Michel Masuy et son épouse Nicole Paternoster.

Aurel Nichiforean soutient qu'il n'était pas présent. Or, Balan prétend qu'il était le chauffeur. Par contre, il admet qu'il était présent pour un repérage, la veille, à cet endroit avec les deux autres, et qu'il est allé rechercher Balan à Goutroux, le 25 avril. Selon lui, si l'ADN de Nicole Paternoster a été retrouvé sur sa veste, c'est parce qu'il l'avait prêtée à Balan.

Marin Filimon prétend qu'il connaissait la maison des victimes, qu'il l'avait repérée lors d'un autre vol commis dans la rue. Le jour des faits, il était armé d'un faux pistolet. Toutefois, il prétend qu'il ne voulait commettre aucune violence et reporte la faute sur Balan, qui serait l'auteur des coups portés aux victimes. "Il m'a dit qu'il assumait ce qu'il avait fait".

L'ADN de Ghorgita Balan a été retrouvé dans la maison des victimes. "J'ai menti durant cinq ans, et je m'excuse", dit-il, avouant sa présence sur la scène de crime. "Quand nous sommes arrivés, Marin Filimon a frappé à la porte. Une dame a ouvert, Marin l'a frappée et elle s'est retrouvée au sol. Je suis monté, il y avait une chambre, j'ai cassé une armoire. J'ai entendu un homme crier, je suis descendu et je l'ai frappé. Je demande pardon à la famille".

Les victimes ont été rouées de coups sous les yeux de leur petite-fille, âgée de trois ans.

Le juge d'instruction et les policiers viendront témoigner lundi après-midi.