La Ville toujours en attente de la décision officielle du Conseil d’État.

Huit jours après le prononcé de l’arrêt de suspension du permis par le Conseil d’État, les travaux se poursuivent sur le bâtiment du Technopôle Villette et aux abords de celui-ci, où Charleroi aménage son futur centre d’archives.

Si cette décision judiciaire a été notifiée aux entreprises FT Châssis et FT Menuiserie, dont l’expansion est compromise, la Ville dit n’en avoir pas encore pris officiellement connaissance. "En attendant, nous en profitons pour procéder à des opérations de sécurisation afin de mettre le chantier à l’abri d’avaries."

L’avocat de la partie adverse va déposer une plainte pour infraction au CoDT. Selon Me Jean-Pierre De Clercq, la poursuite des exécutions plus d’une semaine après la décision judiciaire ressemble à un coup de force.

Sur place, on constate que des barrières entravent toujours l’accès à la route Nord n° 9 qui constitue le chemin le plus direct vers les entrepôts des deux PME.

La Ville en revendique la propriété sur base d’un plan élaboré en 2004 : "Le hic, c’est que ce plan n’a jamais été ni transcrit ni enregistré, il n’est donc cadastré nulle part", soutient le conseil de FT Châssis. De ce fait, la PME ne peut plus emprunter la voirie, les semi-remorques qui l’approvisionnent en matières premières sont obligés d’utiliser un autre itinéraire plus étroit qui complique leurs manœuvres.

Me De Clercq conteste la légalité de toute restriction de passage, une thèse soutenue par les avocats de la Ville. Une audience au civil est programmée sous peu, devant la justice de paix de Marchienne : elle a été inscrite à l’agenda du 28 février.

L’échevin des Bâtiments Xavier Desgain affirme vouloir trouver une issue à l’amiable à ce conflit, qui fait obstacle au développement économique des PME. À ce jour toutefois, aucun contact n’a encore été noué.