Vénéré par certains, détesté par d’autres, le rap est une musique qui peut parfois créer des polémiques. Il est souvent jugé vulgaire dans les paroles de certaines chansons. A l’inverse, les rappeurs l’utilisent pour véhiculer de lourds messages de société, en essayant de faire changer les choses.

C’est ce qui a conduit Ypsos, un artiste urbain d’origine française mais qui s’est expatrié à Bruxelles pour poursuivre sa carrière, à créer un projet pour défendre les gilets jaunes face aux casseurs. Il a réussi à réunir 40 rappeurs de toutes les régions du pays (Flandre, Bruxelles et Wallonie). Parmi eux, le rappeur Coto mais aussi d’autres rappeurs de la région de Charleroi. Ceux-ci ont directement répondu présent à l’appel d’Ypsos, dont l'initiative s'inscrit dans leur ligne de conduite. « Le projet rassemble 40 rappeurs qui ont beaucoup de connexions ensemble. Ce morceau a l’ambition de parler du quotidien de chacun. Il veut parler de la violence de l’Etat au quotidien dans une vision globale », explique Coto. Pour lui, ce morceau va avoir un impact historique. Il s’agit de 16 minutes de rap avec 40 témoignages différents de la société. 

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Avec son ASBL, Charlykingston, qui se veut être un village imaginaire entre l’ombre de Charleroi et la lumière de Kingston, Coto et ses acolytes veulent placer la ville de Charleroi sur la carte du monde du rap. Leur but est de donner vie à la culture urbaine. « A Charleroi, il y a beaucoup de rappeurs. Certains réussissent, mais personne n’est au courant car ils doivent créer leur musique dans d’autres villes. A Charleroi, nous souffrons du manque d’espace de création. Nous n’avons pas de local, où nous puisons tous nous réunir », poursuit-il. L’ASBL fonctionne sur trois principes : la paix, le respect et la performance qui sont importants pour inciter une future génération à prendre la relève dans le rap carolo. L’association organise des événements, elle soutient des artistes et elle crée des ateliers d’écriture pour les jeunes.

Dans une certaine mesure, le rap est une culture urbaine qui peut effrayer une certaine catégorie de la population. Cependant, cela fait 30 ans qu’elle est toujours présente sur le territoire belge. Et elle n’est pas prête de s’affaiblir.