Des habitants du quartier redoutent en effet de le voir débarquer devant chez eux ce dimanche.

Les projets de rénovation urbaine ont imposé le déplacement des ambulants. Or, c’est bien là le problème : comme l’explique l’ancien vétérinaire communal Pierre Coppens qui s’exprime en nom collectif, "il n’y a pas eu de concertation, c’est la politique du fait accompli ! Dans cette ville qui a fait de la participation un enjeu politique majeur, il a fallu attendre trois jours avant la reprise d’activité pour qu’une rencontre citoyenne soit organisée. Mais pour parler de quoi ? Tout avait déjà été décidé !" Un autre riverain enchaîne : "Il nous sera impossible de sortir nos voitures des garages ou de nous parquer dans nos rues du samedi minuit au lendemain à 16 heures, cela 52 semaines par an." Au total, entre 130 et 170 véhicules seraient ainsi concernés.

Si des alternatives ont été proposées, aucune n’est acceptable selon l’échevin Mahmut Dogru, qu’il s’agisse d’un redéploiement du marché à la ville basse où il y en a déjà un la veille ou bien d’aller sur le boulevard Zoé Drion qui doit rester accessible. Manque de concertation ? L’échevin se dit victime du confinement qui a dicté son agenda.

"Une réunion publique avait été convoquée la semaine du 18 mars, elle a été annulée vu le Covid. En juillet, après avoir autorisé la reprise du commerce ambulant, le Conseil national de sécurité a déplafonné le nombre d’étals. Revenir sur l’ancien parcours avec 250 maraîchers n’était pas possible en raison des mesures à respecter. Nous avons donc retenu l’option qui nous semblait la plus raisonnable." En attendant, des habitants ont commencé à s’organiser pour mener une action judiciaire collective contre la Ville. Selon nos informations, les premiers courriers d’avocats viennent d’être échangés. Le retour du grand marché à la ville haute s’opère dans la douleur.