Comme de coutume, c’est un nouveau dossier de coups et blessures sur compagne/épouse qui a été évoqué ce lundi devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Cette fois-ci, c’est Omar qui comparaît devant le juge Schretter. Pourtant inconnu des autorités judiciaires, Omar fait fort pour sa première comparution.

Tout d’abord, Omar se permet de minimiser les faits qui lui sont reprochés. Le 16 février dernier, au domicile familial à Châtelineau, Omar et Fatima (prénom d’emprunt) ont eu une embrouille de couple, assez habituelle, d’après les époux. Mais Omar prétend simplement « ne pas avoir frappé Fatima mais l’avoir repoussé, provoquant une chute au sol. » Ce dernier ose même prétendre que ce genre de scène n’est arrivée qu’à une seule reprise au sein du couple.

Faux ! Même si Fatima affirme également avoir reçu des coups à une seule reprise, la substitute Dutrifoy s’étonne des propos des époux. Parce qu’au matin du 16 février, Fatima a appelé la police à la rescousse, après avoir eu sa tête claquée contre l’un des murs de sa maison et subi de nombreux coups de poing au crâne. Et l’épouse d’Omar avait spontanément déclaré aux policiers avoir déjà subi la violence de son mari à cinq reprises, sans jamais avoir eu le courage de porter plainte. "Elle a également expliqué que son mari ne s’occupe pas des deux enfants, qu’il part souvent seul au Maroc sans se soucier de sa famille. C’est un peu l’esclave de son mari", analyse le ministère public.

Quelques instants après l’intervention des policiers au domicile familial, l’attitude d’Omar montrait, déjà, l’absence de remise en question. Ce dernier osait accuser Fatima de s’être infligée, elle-même, des coups. Selon le Code pénal, une peine allant de 4 mois à deux ans de prison peut être prononcée contre Omar." On a besoin de lui, moi et les enfants", signale Fatima, particulièrement inquiète pour l’avenir de son époux.

Après avoir entendu la substitute Dutrifoy évoquer la scène de coups, Omar se fait encore remarquer. "Je pense qu’il y a un peu d’exagération", dit-il. "Oui, donc vous n’avez encore rien compris", rétorque le juge Schretter. Pour enfin lui faire comprendre sa mauvaise attitude, une suspension probatoire, avec comme condition d’entamer une formation pour la gestion de la violence, est requise. "S’il faut la faire, alors je ferais cette formation", jure Omar, mettant fin aux débats. Jugement attendu pour le mercredi 18 novembre.