Le 14 octobre dernier, le tribunal correctionnel de Charleroi a rendu son jugement dans le cadre d’un vaste dossier de trafic de stupéfiants comportant dix-sept cartons et douze prévenus. Parmi les prévenus condamnés, il y a Orhan. Ce dernier a écopé de 3 ans de prison ferme par défaut avec une amende de 3.000 euros pour la vente et la détention de cocaïne entre le 1er janvier 2019 et le 23 mai 2019 à Châtelet et Farciennes.

Pourtant, Orhan est inconnu de la justice et à première vue, il ne correspond pas à l’image type du dealer. "Je travaille 14 heures par jour pour ma société que j’ai depuis 7 ans. Je suis une victime et je me retrouve au premier rang", jure Orhan, qui prétend être la "tête de Turc" du dossier.

Devant le juge Gerlache, Orhan avance la thèse de la théorie du complot de la part des autres prévenus. "Tout le monde essaye de se défendre. Ils ont certainement eu peur et donc ils rejettent la faute sur moi." Lors de l’instruction d’audience, Orhan reconnaît avoir consommé de la cocaïne, "une fois par mois" avec un ami, également impliqué dans le trafic de stupéfiants et qu’il est le seul à connaître parmi les prévenus.

Version contradictoire avec ses déclarations

Seulement, lorsqu’il est arrêté en mai 2019, Orhan avait admis "certains dépannages" vers des clients lors de ses auditions devant la police. Mais ce mercredi, Orhan semble avoir oublié ces propos. Outre les déclarations d’Orhan, il y a également des écoutes téléphoniques sans équivoque et qui confirment les dépannages effectués par Orhan avec un numéro de téléphone qu'il avait signalé être le seul à utiliser. Pour le substitut Verbrigghe, ces éléments suffisent à confirmer le rôle de vendeur d’Orhan. La confirmation de la peine prononcée en octobre dernier est requise, avec éventuellement la possibilité d’accorder un sursis probatoire à Orhan.

Ce dernier a tenté de convaincre le tribunal de son innocence en évoquant sa situation professionnelle. "J’ai toutes les peines du monde à garder mon commerce ouvert. Je suis au bord de la fermeture. Si j’avais vendu de la drogue, je n'aurais eu aucune difficulté." 

Le jugement aura lieu la veille du réveillon de Noël.