Bon, d’accord, Paul Magnette n’aime pas trop, dit-on, qu’on le plaisante à propos de son addiction à la communication permanente.

Ce n’est pourtant un secret pour personne, et il suffit d’avoir assisté à l’une ou l’autre réunion à laquelle il participe pour constater qu’il y a en lui un peu d’Yves Duteil. À ceci près que ce n’est pas la guitare qui le démange, mais plutôt l’iPhone. Défaut de société, dira-t-on.

Il faut bien pourtant reparler de ce diable d’appareil pour évoquer ceux que la ville a commandés en décembre 2012 (un an déjà, comme le temps passe…) et qui n’ont toujours pas pu être utilisés.

Ceux qui les disaient dépassés dès leur commande auront eu raison, le temps que se dénoue le nœud administratif et judiciaire de l’affaire.

En voici les chapitres, au titre de rappel de cette année 2013. On a donc acheté une centaine d’iPhones, destinés au départ à une meilleure communication entre responsables de haut niveau de la gestion de Charleroi. Objectif louable s’il en est, même si d’aucuns ont rappelé que l’informatique de base faisait parfois encore défaut à d’autres niveaux de l’administration.

Mais bon, la commande a été passée, à bon prix a-t-on affirmé, par le biais de l’intercommunale Imio. L’opposition a émis quelques doutes sur le réel "bon prix" de l’achat, avant qu’on se rende compte que Charleroi n’était pas tout à fait en ordre d’affiliation après de cette intercommunale, même si la décision de principe en avait été prise.

Bref, on avait placé l’iPhone avant l’antenne, comme d’autres attellent la charrue avant les bœufs. Erreur administrative ? Olivier Jusniaux, grand patron de l’administration communale, a juré que non. Mais le receveur communal (devenu directeur financier) a refusé de payer les iPhones, faute d’être certain de la régularité de la commande.

Le matériel a donc été bloqué, et Charleroi menacée de devoir les restituer à l’intercommunale Imio. Et pour couronner le tout, soupçonnant une irrégularité plutôt qu’un simple oubli, le parquet a ouvert une information, et une visite consentie des locaux communaux a eu lieu.

Bilan : les iPhones n’ont toujours pas été mis en service, la communication interne n’a guère évolué, et le modèle acheté sera, c’est certain cette fois, loin d’être du dernier cri quand il sera enfin utilisé.