Vendredi, le bourgmestre de Cerfontaine, Christophe Bombled, prenait l’initiative de fermer l’accès au lac de Falemprise, sur le site des lacs de l’Eau d’Heure, à cause du non-respect des mesures sanitaires liées à la pandémie. Le seul endroit restant où la baignade est autorisée sur le site est la plage de la Plate Taille à Boussu-Lez-Walcourt (Froidchapelle). Samedi, la situation à Falemprise était plutôt calme si l’on excepte le ballet incessant de voitures en provenance d’Anvers, de Louvain, Bruxelles ou même Lille et Roubaix ! Toutes emplies de candidats à la baignade. Et dont les passagers, avant de quitter les lieux, s’inquiétaient de trouver un "endroit tranquille" pour aller dans l’eau, "même si on ne peut pas". Jean, un habitué du lieu, ne cache pas sa colère : " Ça sert à quoi ? Il y a des gens partout et ils se baignent alors que c’est interdit. On déplace le problème. En fermant ici, les gens vont à la Plate Taille où ils sont encore plus entassés !"

Là, effectivement, c’est galère. Pas moyen de se garer, il y a des autos absolument partout, ça donne une idée de ce qui nous attend au bord de l’eau. Et c’est pire que ce qu’on croyait. À 14 heures, alors que les abords du lac de la Plate Taille sont déjà bondés, la foule arrive encore par tous les côtés. En masse mais souvent sans masque. " On est obligés de venir de ce côté-ci, explique Jérôme d’Uccle. On est allés à Falemprise, c’est fermé. Et à la plage près de l’aquacentre, il y a trop de monde, c’est impossible. " Le respect des distances ? Compliqué ! " Nous sommes six, en famille, et on reste ensemble, mais des gens sont venus s’installer juste à côté de nous parce qu’il y a peu de place ", nous dit Alain, venu de Walcourt, juste à côté.

Nous rencontrons une patrouille de police, emmenée par le chef de corps de la zone Hermeton et Heure, David Doyen, lui-même. " On est plus axés sur la prévention que sur la répression, parce que ce qui est indiqué sur le site web des lacs est différent de ce que prévoit l’arrêté de police. On doit régler ça avant de faire autre chose. Ici, on oblige surtout les gens à sortir de l’eau parce que la baignade est interdite ", nous dit-il. Chose vaine. À peine les policiers ont-ils disparu du champ de vision que les gens retournent faire trempette. Quant au masque, si on prend la peine (et encore…) de le porter lorsqu’on se déplace, dès qu’on s’allonge, il disparaît. " Normal, explique Imes. Par cette chaleur, le masque est un véritable nid à microbes. Le garder sur la bouche est certainement pus dangereux que de ne pas le mettre. "

Alors ? Comment va évoluer la situation ? Alain Vandromme, bourgmestre de Froidchapelle, pourrait suivre son collègue de Cerfontaine et faire fermer le site. " Évidemment, ce sont les gens du coin, qui respectent les règlements, et les commerçants locaux qui vont en pâtir à cause de gens venus d’ailleurs et qui n’en font qu’à leur guise ", râle Maxime, de Beaumont.

Mais l’action policière se durcit. Dans la nuit de samedi à dimanche, 50 personnes ont été dégagées des bords du lac du Ry jaune pour cause de camping sauvage. Les estivaliers doivent respecter les règlements. Sinon des solutions plus douloureuses devront être appliquées.