Albert avait 65 ans, une femme, plusieurs enfants et petits-enfants. De l'aveu de tout le monde, la famille était heureuse. Souvent, les enfants allaient amener les petits voir leur "papou", dans sa maison de Gilly.

Mais un jour d'été, la famille explose : une des filles d'Albert, depuis la cuisine, aperçoit dans le reflet de la télévision le grand-père faire des gestes "bizarres" avec une de ses nièces, âgée de six ans à peine. L'alarme est lancée. Les enfants se parlent, il est question de porter plainte. Finalement, Albert se rend lui-même à la police, trois semaines après.

L'enquête et les auditions montreront des faits graves. De son propre aveu, il a caressé une dizaine de fois au moins la petite de six ans. "Elle venait se blottir contre moi pour regarder la télévision", se souvient Albert devant le tribunal. "Je lui ai fait des câlins et des caresses..." avant d'ajouter en retenant un sanglot: "je ne m'explique toujours pas ce qui m'a pris, je vis dans le remords et la honte depuis lors." Il a aussi tenté, par deux fois, de s'en prendre à une autre petite fille, âgée de 11 ans. "Ne le dis à personne, sinon papou ira en prison", dira-t-il même à ses petites filles.

Les deux petites sont marquées, probablement à vie: leur grand-père, leur papou, a profité d'elles. "Il m'a fait des doudouces avec la main, en dessous de ma culotte", dira la plus jeune dans une audition. Depuis lors, elle doit être suivie psychologiquement, elle a changé d'attitude, elle est devenue plus agressive et plus distante avec ses proches. La nuit, les cauchemars s'enchaînent. Elle aura besoin d'une longue thérapie. La grande est également choquée. 

Les mères des deux petites demandent 25.000€ chacune pour les dommages moraux à leurs enfants, 5.000€ chacune pour elles. Albert n'est pas opposé à payer les différents frais et les prises en charge nécessaires, même si son avocat estime les montants importants.

Albert risque 4 ans de prison, c'est la peine requise par le ministère public, mais il pourrait obtenir un sursis: depuis deux ans et demi, Albert est suivi à Van Goghpour ses pulsions obscènes. "Je suis malheureux comme tout, j'ai tellement honte", dit il au bord des larmes en tentant de réfréner des sanglots. Il continue à voir ses autres petits enfants, et apparemment tout se passe bien, "je mets tout en œuvre pour ne plus être tenté" ajoute aussi celui qui a été touché par son père quand il avait 13 ans, ce qui l'a fait sombrer dans l'alcoolisme. Il espère qu'un jour on lui pardonnera, "je sais bien tout le mal que j'ai fait".

Jugement le 27 mai.