Un habitant de Morlanwelz qui était poursuivi pour tentative de meurtre devant le tribunal correctionnel de Charleroi a vu la prévention disqualifiée en coups et blessures. Il écope de trois ans de prison avec sursis probatoire. 

En décembre 2015, il avait jeté un couteau sur sa compagne prostituée, par jalousie. Placé sous mesures probatoires pour avoir frappé son ex-compagne, Gaetano S., un habitant de Morlanwelz de 30 ans, s'est mis en colère, en décembre dernier, lorsque sa nouvelle petite amie s'est "un peu trop pomponnée" pour aller voir son psychiatre. Au retour de la jeune femme, une prostituée, le prévenu s'est à nouveau énervé. "Elle m'a jeté un verre à la figure et j'ai riposté en empoignant un couteau de cuisine et en le lançant, mais en visant le mur", a-t-il expliqué lors de la dernière audience. La victime a eu le réflexe de se retourner et la lame s'est enfoncée à hauteur de l'omoplate.

Selon le parquet, Gaetano S. était bien mû d'une intention homicide. "Le prévenu a confirmé qu'il savait manier le couteau et qu'il avait appris à le lancer lorsqu'il était jeune", a précisé le substitut Bury, qui a constaté qu'en outre, l'arme, potentiellement létale, aurait pu causer une blessures mortelle. Le ministère public a donc requis une peine de trois ans de prison ferme contre l'intéressé, déjà connu pour plusieurs scènes de violences conjugales.

Me Puccini a par contre sollicité la disqualification de la tentative de meurtre en coups et blessures volontaires. Son client, a-t-il précisé, a appelé les secours et compressé la plaie en regrettant immédiatement son geste. L'avocat a estimé que Gaetano S. devait se faire soigner sur deux plans: la toxicomanie et la violence due à sa jalousie maladive. Me Puccini a donc plaidé le sursis probatoire.

Le tribunal a écarté l'intention homicide et disqualifié les faits en coups et blessures volontaires. Selon le juge, le comportement du prévenu après son lancer indique qu'il cherchait plutôt à faire peur à sa compagne, quitte à la blesser. Gaetano S. a finalement écopé de trois ans avec un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive.