L'année 2021 a été chamboulée par les nombreuses mesures gouvernementales. Entre confinement, limitation des activités et suspension des spectacles pour cause de crise sanitaire, il a fallu continuer à proposer des activités au public. Sur cette base, l'Eden a revu sa manière de partager la culture avec un public en constante demande.

L'un des projets qui a complètement explosé l'année dernière a été les marches exploratoires.

Le principe est à la fois simple et riche d'enseignement. Il consiste à redécouvrir les quartiers en utilisant les sentiers et autres petits chemins souvent oubliés par les marcheurs et les promeneurs. Que ce soit à Marcinelle, à Montignies-sur-Sambre ou sur les terrils, il y a partout quelque chose à découvrir.

"Nous avons commencé à faire des promenades à un moment ou presque tout était fermé. Plus de salles de sport ni de salles pouvant accueillir le public," explique Fabrice Laurent, directeur du centre culturel. "Remettre au goût du jour les balades a permis non seulement d'avoir une activité physique mais aussi de redécouvrir de manière conviviale et ludique son environnement proche." En effet, souvent les habitants d'un quartier ne connaissent que peu de choses sur leur propre quartier. Les explorations urbaines amènent un regard neuf sur ce qu'il y a à un jet de pierre de chez soi.

Au total ce ne sont pas moins de sept marches qui ont été organisées pour la joie des familles et des groupes d'amis. Même si elle n'est pas reprise dans la liste, la Boucle Noires reste le symbole de cette découverte de proximité à tel point que le parcours est ce qu'il y a de plus demandé à la Maison du Tourisme de Charleroi.

Malgré le caractère décontracté de l'activité d'exploration urbaine, il faut une grande préparation. A ce titre, on peut compter sur les pionniers de la balade en ville : Micheline Dufert et Francis Pourcel. A eux deux, ils ont balisé des dizaines de kilomètres.

Au-delà du caractère ludique des promenades, il y a un aspect social et environnemental indéniable. "Chaque édition était complète avec un maximum de 50 personnes. Cela permet non seulement de tisser du lien en discutant avec l'un et l'autre mais aussi de limiter les différentes dégradations dans les sentiers empruntés ; un passage plus fréquent diminue l'envie de trouver un coin sauvage pour y créer des dépôts clandestins."

Fabrice Laurent avoue également que sans la covid tout cela n'aurait pas pu voir le jour. "Il faut trouver à transformer des difficultés en opportunités," conclut-il.