Un couvre-feu a été annoncé lundi sur les provinces du Brabant Wallon et du Luxembourg. Mais interrogés sur la question hier, par téléphone, les bourgmestres du Hainaut étaient moins d'accord, même entre eux. Et faute de consensus, le couvre-feu n'a pas été décrété en Hainaut par le gouverneur de la Province. Un soulagement aussi pour les policiers qui auraient dû essayer de faire appliquer cette mesure, alors qu'ils ont déjà d'autres missions à assumer. 

"On était contre, tout comme Merbes-le-Château", précise d'emblée David Lavaux, bourgmestre d'Erquelinnes, pour le côté politique. "C'est difficilement applicable et contrôlable, et ça n'a de toute façon pas un grand impact sur nos communes. Ceux qui circulent entre 1 heure et 6 heures du matin, ici, ce sont les gens qui travaillent, pas qui font la fête. Il aurait fallu distribuer des dérogations à tout va. Si on était une grande ville ou qu'on avait une université, je ne dis pas, mais ici c'est beaucoup de complications pour pas grand-chose. Surtout que nous n'avons pas les moyens de contrôler si la mesure est bien appliquée ou pas, vous pensez bien." 

Même écho du côté de Thuin, où Marie-Eve Van Laethem, la bourgmestre, explique qu'il n'y a pas d'allées et venues entre 1 et 6 heures du matin. "Ca ne nous posait pas de problème d'appliquer la mesure si elle avait été décidée au niveau provincial, nous aurions assumé, mais je n'en vois pas l'utilité sur une commune comme Thuin. Au contraire, je suis plutôt contente que ça ne soit pas décrété, parce qu'on multiplie les mesures et je ne suis pas persuadée que ce soit une bonne chose. Si le débat avait été sur un couvre-feu à partir de 22 heures, là ça aurait très différent, parce que ça aurait une influence importante sur la vie de nos citoyens. Mais ici, à part distribuer des dérogations aux travailleurs, ça n'aurait probablement pas changé grand-chose à la vie des gens."

"J'ai été contacté tôt ce mardi matin, ma réponse a été celle-ci : Pont-à-Celles n'est pas concernée, parce qu'il n'y a pas d'activité la nuit, surtout maintenant que les bars ferment plus tôt". A Pont-à-Celles, pour le bourgmestre Pascal Tavier, il appartient plutôt aux villes et communes où il y a une vie nocturne de se prononcer. "Un couvre-feu ne nous gênerait probablement pas, mais ça ne changerait rien, dans le fond. Et je ne suis pas persuadé qu'un couvre-feu nocturne ferait descendre le nombre de contamination, quoi qu'il arrive."