En avril 2017, le prévenu ambulancier est appelé à intervenir pour une tentative de suicide. Mélanie (prénom d'emprunt) vient d'ingurgiter cinq Valium et de l'alcool. Mal en point, la femme âgée de 48 ans est transportée en ambulance à l'hôpital Notre-Dame de Grâce, à Gosselies. En salle de déchocage, elle explique à l'infirmière avoir été victime d'un comportement suspect de la part de Pascal, l’ambulancier. Ce dernier lui a rendu visite à plusieurs reprises pour rattacher les patchs sur son corps. Il a profité de l'occasion pour lui faire boire de la kétamine (un anesthésiant potentiellement dangereux), lui toucher la poitrine et lui frotter son sexe contre la main.

Ce dossier de 2017 a permis de rouvrir un dossier de 2014, concernant Sabrina (prénom d'emprunt), une autre patiente. La patiente, également admise aux urgences, accusait l'ambulancier d'avoir eu le même comportement lors de son admission aux urgences. Pascal contestait être l’auteur des deux attentats à la pudeur. «Cela fait des années que je travaille en tant qu'ambulancier. Je n'ai jamais eu un comportement déplacé», affirmait-il.

Pour le ministère public, le doute n'était pas permis. Pascal avait bel et bien commis les deux attentats à la pudeur lors de son service. Une peine de 37 mois de prison était requise contre le prévenu. «Il explique avoir rattaché les patchs autour de la poitrine de Mélanie après avoir entendu une alarme. Or, après vérification, aucun moniteur n'a sonné », avait épinglé le ministère public. Le témoignage de membres du corps médical, qui ont remarqué les allers-retours de l'ambulancier vers le box de Mélanie et la hauteur anormale du lit confortaient l'opinion du ministère public. «Le prévenu explique que la femme avait une baisse de tension, mais le lit était monté au niveau de son sexe et non avec les jambes en l'air, comme il est de coutume."

Ce lundi, Pascal, sans le moindre antécédent jusque-là, a été condamné à 30 mois de prison avec un sursis simple de 3 ans pour les deux attentats à la pudeur.