Charleroi Sanaé Chergui a appris le métier de sommelière seule, et en a fait sa passion.

Ce lundi, nous avons décidé de mettre les femmes à l’honneur dans l’édition carolo de La DH. On ne parle pas souvent des femmes, et pourtant elles accomplissent des choses extraordinaires dans tous les milieux. Nous parlerons cette fois-ci de trois femmes passionnées chacune à leur façon : une violoniste, une dessinatrice et une sommelière !

Sanaé Chergui, sommelière

La première, c’est Sanaé Chergui, sommelière à Charleroi. Vous connaissez peut-être ce cuisinier de gastronomie qui tenait le restaurant à Gerpinnes, Les délices du jour, et qui aujourd’hui est chef de la Table de la Manufacture Urbaine à Charleroi, Fabrizio Chirico. Sanaé, c’est sa femme. Si Fabrizio s’est passionné pour la nourriture, Sanaé s’intéresse aux vins qui vont accompagner les plats de son mari. C’est ainsi que petit à petit elle s’est intéressée aux vins alors qu’elle n’est pas du métier, jusqu’à devenir une sommelière de talent. Ça fait aujourd’hui dix ans que le vin est devenu sa passion.

Être sommelière, c’est goûter des vins tous les jours, c’est aller vers la découverte. C’est un métier qui permet d’avoir une relation particulière avec le client. "On partage beaucoup avec eux, on discute du vin, on donne des conseils par rapport aux plats et aux goûts de la personne. C’est un partage. J’adore ce contact avec les clients, on côtoie beaucoup de monde. On s’y amuse beaucoup aussi. C’est un métier passionnant où l’adrénaline monte et redescend à la fin du service."

Sanaé à un autre projet : installé un bar à vin à l’abbaye d’Aulne, du côté de Landelies. "Ce serait une table familiale pour y déguster du vin. J’espère qu’il sera sur pied d’ici 2020." C’est la nature de l’abbaye qui a séduit Sanaé : "Là-bas, c’est dépaysant. Il y a une nature exceptionnelle. À chaque fois que l’on y va, j’ai l’impression d’être ailleurs."

C’est plutôt rare les femmes sommelières, on dira que c’est un milieu d’hommes. Et pourtant, Sanaé s’est fait une petite place dans le monde de l’Horeca et est respectée par les différents restaurateurs qu’elle a rencontrés, ainsi que par ses clients. "Les femmes, en général, s’y intéressent de plus en plus. Nous avons un autre palais qu’un homme, on déguste autrement les vins. Et aujourd’hui, ce n’est plus forcément l’homme qui goûte le vin à table, maintenant c’est souvent la femme. Je suis fière d’être une femme dans ce milieu et d’avoir réussi. Ce n’est pas facile tous les jours, mais il faut être passionnée. Je ne peux qu’être fière quand on m’appelle pour un conseil. Les femmes sont capables d’assumer plusieurs rôles et de faire un métier d’homme."

Les coups de cœur de Sanaé sont les vins de Toscane et les vins de Loire. "J’aime un vin qui ne fait pas mal à la tête. J’apprécie les petits domaines qui font des vins nature, sans ou avec très peu de soufre." Pour Sanaé, ce n’est jamais une question de prix, mais une question de qualité. Elle nous donne un conseil : acheter dans les magasins spécialisés en vins. Le prix n’est pas plus cher qu’en grande surface et de plus ce ne sont que des bons vins, qui ont été goûtés et choisis avec précaution.