Lorsqu’il se présente devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Charleroi, Patrick donne déjà le ton. "Je ne sais pas ce que je fais là car en réalité, c’est moi la victime." Patrick jure qu’il n’a rien à se reprocher et ne comprend pas pourquoi il a été convoqué devant le tribunal en tant que prévenu.

La substitut Dutrifoy estime que Patrick a commis une rébellion et des outrages envers trois policiers de la zone de police de Châtelet. Lors de l’instruction d’audience, Patrick explique les coups dont il a été victime de la part des policiers, mais il confirme également avoir mal accueilli les policiers. "Quand on accueille les policiers en disant "vous n’allez quand même pas casser les c******* toute la nuit", il ne faut pas s’étonner de la suite de la scène", prévient la substitut Dutrifoy.

Pourtant, lorsque la police intervient au domicile de la compagne de Patrick le 28 septembre 2019, ce n’est pas pour Patrick. Les policiers cherchent à communiquer avec sa compagne pour un délit de fuite. Aux petites heures du matin, Patrick et sa compagne regagnent leur domicile après une soirée arrosée dans un café. "Il a offert une rose à sa compagne et à une autre femme. Sa compagne n’a pas apprécié et est repartie, ivre, au volant." Sur le chemin du retour, la conductrice tire le frein à main, perd le contrôle du véhicule et emboutit trois voitures avant de quitter les lieux.

La police, prévenue par des témoins, arrive au domicile de la compagne de Patrick. Un contrôle alcoolémie a lieu sur la voie publique, dans le plus grand des calmes… Juste avant l’intervention de Patrick. Ce dernier, également ivre et qui sait à peine articuler un mot, va à la rencontre des policiers de manière agressive et perturbe le contrôle. "Il n’a pas apprécié d’être repoussé par les agents et il s’est rebellé", précise la substitut Dutrifoy, irritée par l’attitude de Patrick.

Patrick est maîtrisé de force par les trois policiers et emmené en cellule de dégrisement. Au départ, le parquet ne souhaitait pas infliger une comparution devant le tribunal à Patrick. Une transaction financière de 150 euros lui avait été proposée. "Mais j’étais en médiation de dettes, alors je n’ai pas su la payer", se défend Patrick, qui précise également ne pas avoir déposé plainte au Comité P pour les violences policières. Compte tenu de son casier judiciaire vierge, la substitut Dutrifoy ne s’oppose pas à une suspension simple du prononcé. Le jugement sera prononcé le 21 décembre prochain.