Pierrot, trentenaire, est déjà solidement connu auprès des autorités judiciaires pour des histoires de vols. D’ailleurs, actuellement détenu à la prison de Marche-en-Famenne, Pierrot y purge une peine de 7 ans de prison pour des faits similaires. Ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Charleroi, Pierrot est en aveux d’avoir commis quinze braquages entre août 2017 et août 2019. Deux années durant lesquelles Pierrot et sa bande ont traumatisé de nombreuses victimes, qui se contentaient simplement de faire leur boulot derrière les caisses d’un magasin ou d’une station-service.

Pierrot est également en aveux d’avoir été le meneur de l'association de malfaiteurs qui a sévi en région carolo et namuroise. Pour l’aider à accomplir ses nombreux braquages, Pierrot recrutait des complices, des petits jeunes mineurs ou à peine majeurs, un peu désœuvrés et pouvant être attirés par l’appât du gain, au sein de son quartier de Monceau-sur-Sambre. C’est comme ça que Pierre et Jordy, la vingtaine, sont entrés dans l’association pour participer à certains de ses braquages.

Les cibles étaient choisies au hasard. Le modus operandi était le même. Tôt, une voiture se présente devant le commerce avec des auteurs cagoulés et armés qui pénètrent à l’intérieur pour récupérer la caisse, des cigarettes ou des bouteilles d’alcool. Ce mercredi, plusieurs victimes sont présentes sur le banc réservé aux parties civiles, traumatisées par les braquages. Une mère de deux enfants est absente du procès…

Victime de 7 braquages, cette dernière est restée traumatisée à la suite du braquage subie dans un Night & Day de Montigny-le-Tilleul en novembre 2018. D’autant plus qu’un coup de feu a été tiré par l’un des voleurs, sans pour autant la toucher. Victime d’un sévère stress post-traumatique, d’une dépression et hospitalisée à plusieurs reprises à Van Gogh, l’employée du Night & Day a fini par se donner la mort plusieurs mois après le braquage.

Ce mercredi, compte tenu de cet évènement tragique, Pierrot a changé son fusil d’épaule, en reconnaissant tous les braquages à sa charge. « Par respect pour les victimes, je me devais de tout avouer. J’ai pris conscience de mes actes », explique-t-il, précisant quand même ne pas se considérer comme un recruteur. « Avec ou sans moi, ces jeunes auraient commis les faits. Je leur ai simplement appris à faire ça proprement. »

Jordy et Pierre, qui ont passé neuf mois en détention préventive sous bracelet électronique, sont également en aveux, expliquant avoir accepté « ce travail » pour l’argent. Le ministère public a requis des peines distinctes contre Pierrot, sur base des trois périodes infractionnelles différentes où les braquages ont été commis. Au total, c’est une peine située entre 15 et 20 ans de prison ferme qui a été requise contre le chef de l’association.

Pour les deux jeunes complices, c’est une peine de maximum 5 ans de prison avec un sursis probatoire partiel qui a été requise. Jugement pour le 3 mars prochain.