Un peu d'auto-critique et d'analyse ne pouvant pas faire de mal, on s'est penché cette fois-ci sur des statistiques internes : celles des articles d'information que nous vous apportons chaque jour via nos réseaux sociaux ( DH Charleroi / DH Thudinie-Gerpinnes) et notre onglet web ( dhnet.be/regions/charleroi). 

La question principale était: quelle place est donnée aux femmes, pour les prises de parole au sein des articles? Une étude de 2016 montrait que seul 21% des personnes identifiées dans les médias francophones belges étaient des femmes. C'est beaucoup moins que les 28% qui avaient été récoltés lors d'une étude similaire, en 2010.

Pour 2020, et spécifiquement pour le bureau régional de Charleroi de La Dernière Heure/Les Sports, ce taux est de 27.8%.

La méthodologie utilisée repose sur un échantillon de 200 articles publiés en 2020. Sur 151 prises de parole par des intervenants identifiés (à l'exclusion donc de "la Ville de Charleroi" ou "le parquet", par exemple), 42 étaient des femmes, 109 des hommes. A une seule reprise, pour un fait divers, une femme n'a pas été nommée autrement que "l'épouse de".

Parmi ces hommes et ces femmes, les "rôles" qu'ils assumaient sont:

  • Justice : 10,6% (16 en tout, dont 6 femmes - 37,5%)
  • Politique : 37,1% (56 en tout, dont 17 femmes - 30,35%)
  • Citoyen.ne : 35,8% (54 en tout, dont 14 femmes - 25,9%)
  • Expert.e : 16,5% (25 en tout, dont 5 femmes - 20%)

Il y a donc une sous-représentation des femmes dans nos articles. Le rôle "d'expert.e" (connaissance pointue d'un sujet, à la tête d'une entreprise, porte-parole d'institution, etc.) est l'endroit où les femmes sont le moins représentées. Au niveau de la "justice" (barreau, parquet, juge), par contre, on retrouve presque une proportion "normale". Presque... Pour rappel, afin d'avoir une représentation idéale de la société, tous ces pourcentages devraient être de 51% environ, soit la proportion de femmes dans la population. Mais ce n'est pas le cas.

Comment expliquer ces résultats? D'abord, évidemment, il pourrait y avoir plus d'hommes que de femmes aux postes de "représentation" (politique, porte-parole d'entreprise ou institution, etc.). Ensuite, plusieurs études semblent démontrer qu'en tant que société, non seulement on accorde moins la parole aux femmes, mais aussi qu'elles se sentent moins légitimes pour prendre la parole, et que même si elles la prennent, on les écoute moins. Enfin, peut-être, que nous - journalistes - avons davantage tendance à nous tourner vers un interlocuteur masculin, inconsciemment, comme semblent aussi l'indiquer plusieurs études sur le sexisme ordinaire. Difficile à dire précisément, à part qu'un effort supplémentaire doit être fourni de notre part à toutes et à tous.