Georgios Maillis, bouwmeester, dresse un bilan provisoire du travail de son équipe.

En décembre 2013, la nouvelle majorité communale de Charleroi désignait Georgios Maillis à la fonction de bouwmeester (maître architecte).

À huit mois de la fin de son mandat renouvelable, l’intéressé dresse un bilan provisoire du travail de son équipe, au-delà des enjeux de mobilité, de logement, d’expansion économique et de qualité architecturale. "Nous nous sommes en effet investis dans le changement de l’image de la ville", indique-t-il.

L’Objectif est de repositionner Charleroi sur la carte du monde. Au temps de la révolution industrielle, la métropole s’y imposait comme un haut lieu de production et d’innovation. Son étoile a pâli. Il faut en refaire une destination prisée des investisseurs, une ville qui compte.

Une première chose était de corriger le déficit de représentation : c’est l’un des axes de la mission de la cellule bouwmeester.

Renouvellement de la bibliothèque de photos disponible sur le Net, création d’une charte graphique moderne et d’un logo porteur (le C couronné), rajeunissement de la communication événementielle, réorganisation des fêtes en cinq rendez-vous localisés dans l’intra-ring, publications et conférences : les résultats de ce travail se font déjà sentir, selon Georgios Maillis. À titre d’exemple, l’engouement suscité par l’appel à candidatures du projet Europan à Gilly, où pas moins de 60 équipes internationales se sont manifestées. Barcelone et Bordeaux n’en ont pas attiré autant.

Deuxième volet de la mission : l’élaboration d’outils de référence pour cadrer le développement urbain. Une fois le projet de ville arrêté par le pouvoir politique, il fallait en définir les règles de mise en application. La cellule bouwmeester a préparé les chartes qui vont conditionner les opérations de rénovation urbaine, charte enseignes commerciales, charte mobilier urbain, charte jeux. Elles valent tant pour le secteur privé que pour le public, qui doit montrer l’exemple.

Le projet de territoire en est la clé de voûte : c’est à proprement parler la feuille de route de l’aménagement urbain. Il définit cinq grands pôles d’urbanisation sur les axes de mobilité structurants de l’entité, et conditionne tous les projets d’architecture et d’urbanisme en ce compris les espaces verts. "Enfin, nous réalisons des études pour alimenter la réflexion politique."

À ce jour, la cellule bouwmeester coordonne 122 projets de haute ou moyenne importance sur le territoire de l’entité.

Les défis du réaménagement urbain

La tour des Finances et le siège du TEC au boulevard Tirou sont appelés à disparaître

Charleroi bouge. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte géante qu’a installé le bouwmeester dans son bureau de l’hôtel de ville pour en prendre la mesure. On y dénombre 122 projets. Et ce n’est pas fini.

Comme l’explique Georgios Maillis, c’est dans l’intra-ring que la concentration de projets se marque le plus. C’est là aussi que les investissements sont les plus importants : à la ville basse, Rive Gauche représente une opération de plus de 250 millions, hors programme Phénix (52 millions).

La cellule bouwmeester a élaboré le masterplan du périmètre de remembrement urbain n°3, qui va compléter ce projet : c’est le left side business park, un parc d’affaires situé au fond du boulevard Tirou sur l’emplacement de l’actuelle tour des Finances et du siège du TEC.

Ces bâtiments sont appelés à disparaître pour permettre la reconstruction de huit barres de logements et de bureaux, un total de 100.000 mètres carrés de superficie. Soit au bas mot une opération qui se chiffre à 200 autres millions pour une métamorphose spectaculaire, comme l’illustrent les images de synthèse.

À la ville haute, la majorité des onze fiches du portefeuille Feder vont changer la physionomie du quartier du PBA, des expos et du site de l’UT. L’Europe et la Wallonie y ont consacré un subside de 142 millions, c’est actuellement la pièce maîtresse des chantiers du cœur de ville.

La requalification urbaine s’articule autour de trois piliers : la dynamisation du cœur historique, le développement de nouvelles zones d’activités économiques et la densification des quartiers à travers de gros projets résidentiels, pour relever les défis de la croissance démographique.

Il est prévu en effet que l’entité retrouve la population qu’elle avait voici un demi-siècle : en 1966 en effet, elle comptait 244.279 habitants dont 10 % vivaient dans ce qui n’était pas encore l’intra-ring. Nous en sommes aujourd’hui à 204.000 pour à peine 5 % en cœur de ville.