Courcelles, Châtelet même combat pour la santé publique.

L'inquiétude est grande à Courcelles et à Châtelet. Les risques de pollution au PCB sont réels mais le degré de gravité n'est pas clairement communiqué. A Courcelles, où est installée, depuis 40 ans, l'entreprise Keyser dont l'activité est le broyage de métaux et autres carcasses de voitures, on se pose des questions quand à la santé publique. Si la députée-bourgmerstre, Caroline Taquin a décidé d'interpeller la ministre de l’environnement du gouvernement wallon, Céline Tellier, d'autres communes pourraient aussi demander des comptes. La raison ? Les communes ont le sentiment que la Région Wallonne ne joue pas franc-jeu et dissimule des informations.

Le site industriel de Châtelet présente pourtant un grand nombre de similitudes avec celui de Courcelles: l'entreprise est totalement hors du temps, située au bord d'un court d'eau important, près d’une école (site du Boubier), en plein milieu d'habitations et constitue une image peu flatteuse de la commune. Aux abords de ces usines de démolition, la poussière y est tenace et l'air suffocant.

Pour rappel, en 2016, l’administration communale courcelloise demandait une étude sur les impacts des rejets atmosphériques de l’entreprise de traitement de ferrailles sur la santé des riverains suite aux questionnements sur les bruits et les odeurs.

En janvier 2018 et en mars 2019, des résultats ont été présentés à la commune. Le 20 novembre 2019, une présentation de la situation, du plan d’actions et des recommandations a été organisée lors d’une rencontre citoyenne à Courcelles. En parallèle à cela, des mesures techniques et juridiques ont été mises en place pour limiter la contamination des différents compartiments de l’environnement tout en visant une valeur limite d’émission uniforme par secteur. Ceci impliquant l'adoption de nouvelles mesures de sécurité assorties d’une période transitoire de 24 mois.

Nous apprenions dans un communiqué que "le 15 février 2020, lors de la réunion citoyenne, les résultats de l’analyse de la qualité de l’air du Quartier de la Motte ont été expliqués aux riverains. Voici ce que nous avons pu apprendre : Les analyses de poussière attestent de la présence de substances toxiques de type dioxine (PCB) sur et dans le sol. En ce qui concerne les poussières déposées sur les sols, les taux de concentration de ces polluants PCB atteignent toutefois des niveaux attendus et inférieurs aux normes allemandes ou suisses. Cela démontre que l’installation de l’usine dégrade la qualité des milieux environnants même si l’on ne peut pas exclure à ce stade l’influence d’une pollution historique antérieure à l’activité de l’entreprise. En effet, les concentrations mesurées dans les sols sous l’influence de l’entreprise ne sont pas significativement différentes de celles mesurées dans les sols témoins."

Il nous est également communiqué que "prochainement, des analyses supplémentaires devront être réalisées ainsi qu’un monitoring végétal qui permettra de déterminer si la pollution est due au passé industriel du site ou si elle est récente et due à l’activité de l’entreprise de traitement de ferrailles. En fonction des résultats, on pourra envisager un bio monitoring, qui permettra de connaître l’impact réel de cette contamination sur la population. De plus, un suivi et un contrôle de l’entreprise, notamment au niveau des cheminées et broyeurs, sont prévus. L’entreprise installée sur Courcelles, en recours contre ces normes, a jusqu’au 22 juin 2020 pour respecter ces nouvelles normes, sans quoi elle s’expose à une fermeture."

Il semble également, suivant une information de nos confrères du Soir, que le Parquet a ouvert un dossier en décembre dernier, concernant le rejet des eaux de la société dans le Piéton, petit ruisseau situé aux abords de l’entreprise.

A Châtelet, on vient de lancer une phase d'information et de récolte de renseignements tel les résultats d'analyses. Des premiers résultats avaient déjà été transmis mais rien à propos du PCB ne figurait dans ce rapport. Les autorités communales de Châtelet ont demandé à recevoir les résultats complets et une plus grande transparence sur les risques réels encourus pas les riverains a été demandée.