Ce dimanche 23 août, malgré l’interdiction de jouer de la musique en rue et l’interdiction des rassemblements non encadrés de plus de 10 personnes, une cinquantaine de Carolos ont défié les mesures de sécurité pour sortir et fêter les 75 ans de la marche Saint-Louis.

Plus inquiétant, l’échevine socialiste Babette Jandrain, qui a la compétence Fêtes à la Ville de Charleroi, était présente : on la voit sur des photos qui circulent sur les réseaux sociaux, et même dans une vidéo marcher en rythme avec la musique.

D’autres images montrent l’échevine et les marcheurs, de retour au local, qui profitent d’un verre de l’amitié sans respect total des distanciations sociales ni même du port du masque pour certains. Bref, en violation complète des mesures sanitaires pour combattre la pandémie du nouveau coronavirus. 

On s’est donc renseigné, vu la polémique qui commençait à naître sur les réseaux sociaux autour de la marche Saint-Louis de Marcinelle. “Ce qui était autorisé, et la Ville avait fait des recommandations, c’était la messe, nous a précisé d’emblée le cabinet de l’échevine. Les marcheurs ne devaient qu’aller à la messe, pas sortir de l’église en procession…”

Déjà, cette autorisation ne passe pas bien auprès d’autres marcheurs de la région, qui eux ont respecté les mesures à la lettre. Et on rappelle le message très clair des autorités communales, le 30 juillet dernier, quand les organisateurs d’événements étaient invités à “spontanément reporter la tenue de leur manifestation” : “En effet, à l’heure où le gouvernement fédéral restreint fortement les contacts sociaux, il apparaît peu opportun d’organiser des manifestations tendant au rassemblement et à une trop grande promiscuité”. Au temps pour ça.

Mais, problème supplémentaire : l’échevine Babette Jandrain était présente. “Elle était bien présente, mais quand elle a appris que les marcheurs allaient parcourir les 500 mètres qui séparent l'église du local, elle a rappelé les consignes et bien signalé qu’elle n’était pas d’accord avec ce qui allait suivre. Mise devant le fait a accompli, plutôt que fuir ses responsabilités, elle a décidé de rester”, explique son cabinet.

Sauf que ça, c'était la réponse avant que la Nouvelle Gazette ne sorte ladite vidéo après publication de notre article, vidéo où on voit l'échevine en tête du cortège. Et où on voit aussi qu’elle n’était visiblement pas si en désaccord qu’elle veut bien le faire croire, puisqu’elle suit le rythme de la musique – illégale – tout en marchant en tête du cortège – illégal – entourée de fifres sans leurs masques – ce qui est illégal. “J’ai commis une erreur et je m’en excuse”, dira-t-elle alors, une fois mise face à ses contradictions.

Que des marcheurs, qui veulent fêter les 75 ans de “leur” marche, se permettent un écart de 500 mètres, malgré les risques sanitaires et le manque de respect complet pour ceux qui respectent les consignes, c’est une chose. Qu’une échevine, élue et qui se doit d’être exemplaire, en fasse autant, c’en est une autre.

Surtout quand on observe que les règles sanitaires sont de moins en moins respectées au plus le temps passe, alors qu’en même temps, “il y a eu au cours des dernières semaines une reprise indiscutable de l’épidémie en termes de cas, d’hospitalisations et de décès”, soulignait encore ce lundi Marius Gilbert, épidémiologiste de l’ULB.

Mise à jour après publication de la vidéo où on voit l'échevine Babette Jandrain marcher avec la procession.