On aurait voulu avoir l’avis du chef de zone, Philippe Stratsaert. Mais force est de constater que le patron de la police de la plus grande ville de Wallonie a trop de travail pour nous répondre et ne peut s’offrir les services d’un porte-parole digne de ce nom.

On se basera donc sur le mécontentement des policiers carolos du service intervention, toujours sur le front et confrontés à des situations de plus en plus pénibles. Alors qu’ils sont censés intervenir en première ligne, voilà qu’une partie d’entre eux se voit "casernée" à l’accueil de l’hôtel de police, à prendre les plaintes des citoyens. " C’est un travail administratif bien spécifique auquel ces inspecteurs de terrain ne sont pas habitués" , nous explique un pandore en colère. "La cadence est donc fortement ralentie et les files s’allongent à l’accueil. Il arrive fréquemment qu’une vingtaine de personnes s’agglutinent dans ce cagibi et forcément, cela engendre des tensions. Nous avons déjà dû mettre fin à des bagarres".

Ce déplacement inhabituel de personnel est dû à un manque structurel d’effectifs, à savoir une soixantaine de policiers à l’intervention et environ 200 personnes au total, cadre administratif compris. Pour permettre aux différents services de fonctionner, le chef de zone a donc dû répartir les forces vives au mieux. "Le problème, c’est que cela déforce le service intervention, qui est le plus visible pour la population", poursuit notre inspecteur furibard. "Là où nous devrions avoir 13 équipes sur le terrain, nous n’en comptons parfois que 7. Dans une ville comme Charleroi, c’est peu".

À cela, il faut ajouter les dernières mesures économiques qui visent le service intervention. D’une part, la garde de nuit autrefois rétribuée sur 8 heures ne l’est plus que sur 7h36. Et le pécule de repas dédié à ces pauses nocturnes a été supprimé.

Bref, le torchon brûle au Bd Mayence.