Pascal Tavier (PS), nouveau bourgmestre de Pont-à-Celles, et son 1er échevin Luc Vancompernolle (IC), agriculteur de métier, veulent informer la population. "On a pu lire sur Facebook: ne nous laissez pas tomber", disent-ils, "Et on veut faire savoir aux gens que non, on n'oublie pas les terribles inondations du mai/juin dernier."


Première information: les intempéries qui ont touché la commune entre le 31 et le 2 juin de l'année passée ont été reconnues comme calamité par le Fonds régional. Ce qui signifie que la commune sera remboursée en partie des dommages subis, et que les assurances devraient, elle aussi, y trouver de quoi se renflouer. 

Les intempéries de l'année dernière
Les intempéries de l'année dernière © DR


"Mais au-delà de cette information, avec la conduite d'eau qui a explosé à Viesville dans la rue des Lanciers, même si ça n'a rien à voir avec les coulées de boue, on doit faire savoir qu'on est au courant qu'il y a un problème à Pont-à-Celles avec les coulées en cas de forte pluies, et que nous sommes en train de tenter d'y remédier, comme le prévoyait d'ailleurs notre pacte de majorité entre PS et IC", continue Pascal Tavier, rencontré ce vendredi matin dans son bureau à l'administration communale. "Ca ne se fera par contre pas du jour au lendemain, ça, il faut en être bien conscient."

Le chantier est gigantesque : Viesville, Obaix, Buzet, Rossegnies et dans une moindre mesure Thiméon et Liberchies sont touchés par les problèmes récurrents liés aux inondations. Bref, l'ensemble de la commune est touchée, à part Luttre qui se trouve davantage dans les hauteurs. 

"Et la peur des inondations revient à cette période, ce qui est tout à fait normal", dit Pascal Tavier. Voici donc ce qui a été fait, ce qui est en train de se faire, et ce qu'il est prévu de faire d'ici les prochains mois :

1. Phase de diagnostic des "points critiques" : 

"Les agents communaux sont en train d'établir un inventaire des points critiques sur l'entité: où sont les problèmes exactement, et quelles solutions ont déjà été mises en places, sont prévues, ou doivent être mises sur la table pour continuer à avancer. C'est un travail qui prend du temps, mais qui est bien en train de se faire", dit le bourgmestre, touché par les critiques récentes qui disent que "on ne fait rien". 

2. Le rapport du GISER: 

"En parallèle, nous étudions le rapport effectué par la cellule GISER de la Région wallonne, qui conseille, informe sur les causes des coulées et des inondations, et qui donne des pistes de solution", explique-t-il également.

3. Deux plateformes seront ouvertes pour les agriculteurs et les citoyens:

"Nous sommes aussi en train de mettre en place une plateforme, c'est à dire un site web, un forum et des réunions, pour les agriculteurs dans un premier temps. On sent chez eux la volonté de partager leurs expériences entre eux, parce qu'il ne faut pas oublier que quand il y a une coulée de boue sur un champ, l'agriculteur perd sa récolte. Tout le monde a donc à y gagner que tous les exploitants locaux parlent entre eux", dit Pascal Tavier. 

Dans un second temps, une autre plateforme sera ouverte pour les citoyens: "Celle-ci sera aussi ouverte à quelques agriculteurs, pour qu'il y ait communication entre les propriétaires de terres agricoles et les citoyens touchés par les coulées de boue. Pourquoi? Parce qu'on sent chez les citoyens des accusations envers les agriculteurs. C'est parfois fondé, mais il ne faut pas généraliser. Et de l'autre côté, les agriculteurs ont parfois peur des réactions des citoyens. Bref, le courant ne passe pas, et on s'accuse en se montrant du doigt, sans parfois même savoir exactement ce qu'il en est. Il faut donc ouvrir le dialogue, parce que ça peut être un agriculteur qui fait mal quelque chose, mais ça peut aussi être le citoyen qui, par exemple, a coulé une dalle de béton derrière chez lui et ça cause un ruissellement inattendu. Tout le monde a sa part de responsabilité dans ce problème de Pont-à-Celles. Tous ces gens pourront donc échanger sur les bonnes pratiques."

Par exemple, un cultivateur d'Obaix veut planter des Miscanthus, des plantes qui retiennent les boues tout en laissant couler l'eau. Si ça fonctionne bien, ou si ça ne fonctionne au contraire pas du tout, il pourra le dire aux autres agriculteurs via ces nouvelles plateformes.

4. La commune va investir:

Des bassins d'orage et des grilles d'écoulement ont déjà été installées, mais les investissements sont loin d'être terminés. A titre d'exemple, en 2018, les coulées ont causé 40.000€ de frais à la commune. "Pas un petit budget sur notre total de 20 millions, nous ne sommes pas Charleroi, il faut aussi le prendre en compte", dit Pascal Tavier. "Ca doit être étudié au cas par cas, d'où justement le rapport GISER et le diagnostic en cours de réalisation, mais la commune pourra investir dans des plus gros avaloirs, voir s'il on peut poser davantage de bassins d'orage, s'il faut qu'on entretienne mieux, autrement, ou plus souvent les avaloirs et les cours d'eau, etc."

5. Un règlement communal devra être publié pour baliser: 

"On aimerait ne pas devoir en arriver à obliger certaines choses, mais il faut à un moment baliser les choses", détaille le bourgmestre. "Donc nous allons réglementer via des textes communaux. Parce que ça n'aurait pas de sens que certains agriculteurs agissent alors que d'autres pas du tout."

Niveau timing: ce sera cette année, ou dans le début de l'année prochaine. "Il faut encore construire la réglementation, mais ça se fera avec les remarques des uns et des autres. On remarque par exemple que certains fossés ont disparu, que certains sentiers ont été rétrécis ou ont simplement disparu, des agriculteurs se les sont appropriés. Et ça, ça ne va pas."

On est donc encore loin du compte, mais les choses bougent, affirment Pascal Tavier et Luc Vancompernolle.

Un bassin d'orage
Un bassin d'orage © DR