Plus tôt, ils avaient demandé à la cour de poser la question de la circonstance aggravante de préméditation, mais la cour a fait le choix de ne pas poser cette question subsidiaire.

Les parties civiles n'ont aucun doute sur l'intention d'homicide, mais elles se demandent pourquoi Alexandre Daunno a frappé Liliane avec un couteau. Le mobile du meurtre reste l'inconnue de ce procès. "Il n'y en a aucun, Alexandre Daunno est un tueur au sang froid", a déclaré Me Romain Bastianelli

La nuit du crime, l'accusé est sorti au restaurant à Mons avec sa compagne. Il a voulu poursuivre la nuit, seul. Il s'est rendu chez un ami à Wasmes, qui lui a conseillé de ne pas acheter le scooter qu'il a vu sur Internet. Il a alors pris de la cocaïne pour décompresser mais cela n'a pas suffi. "Il en a acheté encore plus en sachant très bien comment la cocaïne agissait sur lui", a poursuivi l'avocat.

L'accusé s'est ensuite rendu à Gosselies, où il a continué de consommer, et s'est rendu chez son oncle, voisin de la victime. Il a tué cette dernière à coups de poing, avant de finir le travail en l'égorgeant avec couteau. "Il a utilisé le même mode opératoire, en août 2012, quand il a tenté d'assassiner son codétenu à la prison d'Andenne, sans jamais paniquer", a insisté l'avocat qui demande aux jurés de considérer qu'aucun sentiment de culpabilité n'existe chez l'accusé, comme l'ont déclaré les experts en santé mentale.

Me Nabil Khoulalène était à l'origine de la demande de question subsidiaire et il reste convaincu que le meurtre a été prémédité. Toutefois, la question n'a pas été posée aux jurés. L'avocat est également intrigué par les similitudes entre le crime perpétré en 1996, pour lequel l'accusé a été condamné à une peine de vingt ans de prison, et le meurtre de Liliane Malréchauffé. "Il la surprend, la neutralise et l'exécute en l'étranglant et en l'achevant avec couteau. C'est un crime exécuté de sang-froid", a déclaré l'avocat, lequel constate que l'accusé a commis tous ces crimes en août, en 1996 (vol et meurtre de son papi de coeur), en 2002 (tentative d'assassinat de son codétenu) et en 2019.

Enfin, Me Isabelle Vander Eyden a déclaré que l'accusé "était un prédateur qui avait trouvé sa proie", le matin du 31 août 2019, "qui ne lui a laissé aucune chance". En moins d'une minute, Liliane avait perdu connaissance, se vidant de son sang. "C'est un crime crapuleux, commis par un homme qui s'est senti surpuissant par sa consommation de cocaïne. Liliane, c'est l'agneau sacrifié !"