À 36 ans, Joachim est catalogué, par le parquet de Charleroi, comme un homme violent et impulsif. D’ailleurs, le trentenaire se trouve actuellement derrière les barreaux de la prison de Marche-en-Famenne pour un mandat d’arrêt dans le cadre d’une tentative de meurtre. Joachim a débuté « sa carrière » en 2005, déjà pour une extorsion. Seize ans plus tard, Joachim risque une seconde condamnation sur son casier judiciaire pour extorsion.

Le 24 octobre 2019, dans les rues de Fleurus, Donovan a croisé la route de Joachim. Ce dernier a été appelé à la rescousse par une amie. « L’oncle de cette dernière a été victime d’une arnaque de 1.200 euros pour des réparations sur un véhicule qui n’ont jamais eu lieu », explique la substitut Dutrifoy. En réalité, ce n’est pas Donovan qui aurait escroqué l’oncle, mais Julien, son frère.

Mais c’est bel et bien Donovan qui subit la violence de Joachim. Ce dernier reconnaît avoir pris le GSM de Donovan, mais sans violence ou menace. « Il m’a même tendu son GSM. Il s’était engagé à faire l’intermédiaire pour son frère afin qu'il rembourse l'oncle. »

Pour le parquet, Joachim a agi comme un « justicier » qui a réclamé 50 euros à Donovan. « Mais ce dernier n’avait que trente euros sur lui. Alors, le prévenu lui a réclamé son GSM en le menaçant. » Auditionné à l’époque, Joachim avait confirmé avoir commis une extorsion avant de changer de version devant le tribunal correctionnel. En état de récidive suite à un arrêt de la Cour d’appel de Liège en 2013 le condamnant à 40 mois de prison, Joachim risque une peine de deux ans de prison ferme requise par la substitut Dutrifoy. « Et je suis encore gentille », ajoute-t-elle.

Pour permettre le dépôt de l’arrêt de la Cour d’appel de Liège dans le dossier, les débats ont été mis en continuation au 5 mars prochain.