Ce n’est évidemment qu’un hasard malin du calendrier : on avait redécouvert la veille les joies des embouteillages inextricables de Charleroi, dus aux travaux menées sur l’A 503, entre petit et grand ring.

On a présenté hier le plan de mobilité destiné à rendre le centre-ville plus mobile, plus utilisable, qu’il s’agisse d’y entrer ou d’en sortir. Rien ne se fera dans l’urgence, parce que plusieurs intervenants doivent y apporter leur contribution, a expliqué Paul Magnette : il s’agira de stationner autrement, de circuler parfois comme on ne l’avait jamais fait et surtout d’admettre une forme de révolution interne, dans sa manière de concevoir le trafic en ville.

Le constat est là : la présence trop forte de voitures au centre-ville engendre nuisances sonores et atmosphériques; d’autre part, les places de stationnement envahissent tout, au détriment de la qualité des aménagements, de la circulation des piétons et des cyclistes et du bon usage des transports en commun. D’où les grandes lignes de ce plan de mobilité qui rappelle que le capacité actuelle du trafic de véhicules atteint à 80 à 90 % du seuil critique aux heures de pointe.

Parallèlement, des disponibilités de parking existent, comme celui de Charleroi Expo, qui doivent conduire l’usager à se garer là pour utiliser les transports en commun en ville, pour autant que l’accès à ce site soit amélioré et simplifié, au départ du petit ring. Plus généralement, l’objectif est de maîtriser les accès automobiles dans le centre-ville, et d’instaurer une politique de stationnement libérant davantage d’espaces publics.

Et parallèlement, de mieux assurer les passages piétons et la circulation de cyclistes, sachant que 50.000 usagers potentiels de ce mode de circulation viennent de l’immédiate périphérie. Mais par quoi, plus largement, remplacer les voitures entrantes ?

Le plan compte beaucoup sur l’utilisation de transports en commun, par exemple sur des accès tels que la N 5 ou l’avenue Pastur. Pour ce qui concerne les cyclistes, Charleroi est largement en dessous de ses possibilités, au vu des boulevards dont la ville dispose et qui se prêtent à un trafic mixte. Pour les piétons, le plan consisterait en la mise en place de traversées mieux adaptées, après réfection des trottoirs.

Ce sont les grandes lignes, qui nécessiteront encore l’approbation, entre autres, du conseil communal, avant d’être mises en chantier concrètement. Dans quel délai ? Quelques années, par étapes.