On ne peut pas dire que la citation à comparaître devant la justice a permis à Charles de se remettre en question sur son comportement violent. Poursuivi pour cinq scènes de violence conjugale sur sa compagne au moment des faits, Charles trouve même que les préventions sont "un peu tirées par les cheveux".

Le 28 août 2020, le prévenu admet avoir repoussé la victime, "avec sa main sur le visage de sa compagne". Le 19 octobre 2020, Charles n'a pas de souvenir d'avoir frappé la victime aux côtes. Les 21 et 23 janvier derniers, deux nouvelles scènes de violence ont éclaté. La dernière scène de violence aurait eu lieu le 18 mars dernier. Mais là aussi, Charles ne se souvient pas. À cause de son alcoolisme. "Ma mémoire n'est plus aussi bonne."

Une bière à la main à 9 ans

Pour le parquet, il est évident que le prévenu a un gros problème de gestion de la violence. Mais ce qui inquiète le plus la justice, c'est sa terrible dépendance à la boisson. "C'est malheureux, mais je ne sais pas m'en passer. J'ai baigné là-dedans. Mes parents étaient alcooliques et petit, je finissais les bières de mon père. Dès l'âge de 9 ans, on avait déjà des bières en main", explique Charles.

Si pour les faits de violence, les souvenirs sont brouillons, ce n'est pas le cas pour le port de deux couteaux, le 10 août 2020. "Je les ramenais chez moi du domicile de ma compagne justement, quand je me suis fait arrêter par la police."

En état de récidive et avec un sursis qui pourrait être prochainement révoqué, Charles risque gros. Une peine ferme de minimum 2 ans de prison est requise contre lui. "Il faut envoyer un sérieux message et siffler la fin de la récréation", précise-t-on du côté du parquet. Sans avocat, Charles entend solliciter des mesures probatoires, sans oublier d'en rajouter une couche avant la fin de l'audience: "pour avoir des disputes de couple, il faut être deux. Quand on subit des insultes du genre « gros fainéant », etc., et quand on reçoit des menaces ou un harcèlement de la famille, je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre."

Le dossier est mis en continuation le 8 mars prochain.

* Pour rappel, le 0800 30 030, numéro vert en cas de violences conjugales avec une ligne d’écoute spécialisée existe. Confidentielle et gratuite, elle n’est pas un service d’urgence.