Pendant que des milliers de consultations et opérations non urgentes étaient reportées en raison des contraintes sanitaires liées au SARS-COV-2, le service de radiothérapie du CHU de Charleroi Charleroi (installé sur le site de Vésale à Montigny-Le-Tilleul) a vu sa fréquentation augmenter de façon spectaculaire : de 840 patients en 2019 à plus de mille en 2020, 1018 précisément, soit une progression de 21%. Une analyse statistique à long terme fait apparaitre une croissance de 50% en trois ans. Alors qu’en l’espace d’une décennie, la patientèle a… doublé !

Chef de l’unité de soins, le Dr Nicolas Meert voit dans cette évolution le fruit de la combinaison de multiples facteurs : "d’abord une bonne gestion de l’organisation des dispositifs d’accueil et de traitement des patients pendant la crise Covid, avec prise de température à l’arrivée à l’hôpital et réservation des horaires de fin de journée pour les porteurs du virus, même asymptomatiques. Il y a ensuite eu de judicieux choix de techniques qui ont visibilisé le service. Traitements avec suivi de la respiration pour éviter de toucher le cœur ou les zones pulmonaires saines, traitements dits surfaciques améliorant le confort, traitements stéréotaxiques pour certaines tumeurs et névralgies au cerveau et enfin grâce à l’acquisition prochaine d’une troisième machine encore non utilisée en Wallonie, traitements adaptatifs permettant de moduler la dose et les champs de traitement en temps réel, en fonction de la diminution de la taille des lésions durant l’irradiation."

Cela a permis au service de recruter des patients jusque dans le nord du pays, à Ostende et Bruges notamment. "Si le recours à la radiothérapie concerne des cancers à 98% dans une approche curative antalgique et hémostatique (arrêts de saignements), la technique est aussi utilisée pour le soin de pathologies bénignes", précise le spécialiste. Qui rappelle que les pathologies oncologiques ont continué à être prises en charge durant la pandémie, même au plus haut des vagues de contamination.