Alors que les différents services des hôpitaux de la région tournent à plein régime, au service de néonatalogie de l'hôpital Marie Curie, on s'adapte aussi.

Si une bonne partie de l'attention est focalisée sur le covid à Marie Curie l'attention est aussi donné aux familles. Avec 200 à 300 naissances de prématurés dans le centre hospitalier carolo, des équipes très spécialisées veillent à ce que bébés et parents puissent évoluer dans les meilleures conditions. "Nous ne pas impactés par le covid dans notre service mais nous avons dû nous adapter. En ce moment comme pendant toute l'année nous devons éviter toutes les infections," explique le docteur Ismail Sanoussi, pédiatre néonatologue.

Toute l'année un ensemble de précautions doivent être prises car la santé fragile des nouveaux nés est mise à rude épreuve.

Avec des aménagements particuliers comme des suppressions de visites, les équipes travaillant au sein de l'unité de néonatalogie mettent un point d'honneur à maintenir des liens très étroits entre mère et enfant. "Nous prenons le maximum de précautions afin de protéger également le personnel. Son travail est d'une grande importance et nous devons les préserver. Nous organisons des vidéoconférences afin de garder un lien."

Cette année le thème de la Journée Mondiale de la Prématurité (17 novembre) est la séparation. A ce titre, le docteur Sanoussi explique les changements qu'il a pu constater ces dernières années. "Certes nous sommes capables de réaliser des choses de plus en plus techniques mais il faut aussi ramener de l'humain. Depuis quelques années, nous veillons à garder la maman et le bébé en contact et ce, dès la naissance. Nous prônons par exemple l'importance du contact peau à peau."

A côté du coté d'un accompagnement humain, la question du personnel médical est aussi très importante. "Les équipes sont hyper formées, hyper présentes et très proches des parents. Au vu de la longueur de certains séjours des liens se créent entre les familles et les différents intervenants. On aura beau avoir de plus de technique et sauver des enfants de plus en plus jeunes avec des poids de plus en plus faibles. Le principal est d'adapter une série de mesures qui humanisent notre travail", ajoute-t-il. "Outre le peau à peau, il faut savoir que les parents peuvent accompagner les infirmières dans tous les soins. Les choses plus simples comme les bains et des choses plus compliquées comme l'administration de médicaments. Lors de réanimation les parents peuvent être là désormais. Non seulement nous sommes présents dans l'unité mais nous continuons à suivre les familles après leur sortie." 

Un prématuré est pris en charge à partir de 24 semaines d'âge gestationnel et 500 grammes bien que l'équipe ait déjà été confrontée à des bébés venus au monde avant 24 semaines.

Quant à la prématurité dans la région carolo, le docteur ne peut tirer de conclusions particulières car le phénomène est mondial et non propre à une catégorie de personnes même si le facteur de précarité - malheureusement présent au Pays Noir - peut éventuellement jouer.