Si elles sont le plus souvent gratuites dans le sens social du terme, les incivilités coûtent cher aux citoyens. 

En Wallonie, la facture annuelle s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros, entre le vandalisme constaté dans les transports en commun et sur le domaine public. Cette facture -ne l’oublions pas- est à charge de la collectivité, c’est-à-dire à notre charge, nous la payons tous un petit peu ! Précisément, à combien s’élève-t-elle à Charleroi pour le nettoyage des tags? La question vient d’être par le conseiller communal indépendant Nicolas Kramvoussanos. Et c’est logiquement le bourgmestre Paul Magnette qui lui a apporté la réponse. 

D’abord, il faut savoir que sept PV ont été rédigés par la police administrative sur base de l’article 188 du règlement communal qui prévoit des amendes jusqu’à 350 euros dans ce cas d’infraction. "Sur ces sept dossiers, seul un n’a pas fait l’objet de poursuites par le Parquet dès lors que l’auteur n’a pas pu être identifié", précise le bourgmestre. Concernant les interventions nécessaires pour remettre en état les biens détériorés, le service communal "Nature en Ville" n’opère que sur les propriétés publiques -bâtiments, trottoirs, pilastres et mobilier urbain (bancs, vasques).

Pour ce faire, un agent est affecté au nettoyage des tags dispersés dans les cinq districts. En moyenne, il en enlève cinq par semaine, soit 260 par an. Et l’on ne parle pas du domaine privé. Les opérations s’effectuent en matinée entre 6 et 8h, afin de ne pas gêner la circulation. Compte tenu du coût d’utilisation du camion Karcher et du coût salarial, la facture annuelle s’élève à un peu plus de 42.000 euros. Quand les tags sont difficiles d’accès, Charleroi peut recourir aux services d’un prestataire privé, ce qui alourdit l’ardoise. "Depuis le 1er janvier, ça n’a pas encore été le cas", conclut Magnette.