Il y a plus de quatre ans maintenant, la zone de police de Charleroi a connu l’horreur. Le 6 août 2016, Khaled Babouri, 33 ans, a violemment tenté de tuer Corinne et Hakima lors d’un acte terroriste. Le terroriste s’est approché à pied de l’hôtel de police, accueilli par Hakima à l’entrée. Un échange verbal a lieu entre la policière et le terroriste, qu’elle ne soupçonne pas être animé d’une intention de tuer. Khaled dégaine grand couteau de plus de 40 centimètres de long de son sac noir et assène un coup au visage. Corinne, elle, reçoit un coup de couteau au niveau de la tête.

Malgré un visage coupé en deux, Hakima a le courage et la lucidité de s’emparer de son arme et tirer dans les jambes du terroriste qui s’écroule. Ce dernier fait mine de vouloir se relever et de se saisir d’une arme, mais une troisième collègue intervient en donnant une injonction à Khaled avant de tirer à deux reprises, dans le ventre et le thorax du terroriste, qui décèdera à l’hôpital.

Ce lundi, c’est Rezki A., un voisin à Khaled Boubari, qui est poursuivi. Ce dernier, âgé de 47 ans, est suspecté d'une double tentative d’assassinat et pour une participation aux activités d’un groupe terroriste. Mais Rezki A. nie toute implication et participation dans l’élaboration des faits.

Saluer le courage des policières

Me Mayence et Me Schonnartz, chargés de représenter les intérêts des trois policières impliquées et traumatisées par la scène, ont tenu à rendre hommage au courage des policières, photos des blessures à l’appui. "Elles ont repris assez rapidement le travail malgré le traumatisme vécu et les graves blessures occasionnées par le terroriste."

Et pour les deux avocats, le constat est clair: Rezki n’est qu’un menteur, qui prétend ne pas avoir vu le terroriste le jour des faits et ne pas s’être rendu dans le centre-ville de Charleroi pour aller le conduire sur place.

Selon le parquet fédéral, la certitude d’une quelconque implication de Rezki A. dans l’acte terroriste n’est pas aussi évidente. La position est nuancée. "Oui, il y a des éléments à sa charge. Mais il y a également des éléments à sa décharge." Aucune vidéo ne confirme la présence de Rezki A. sur les lieux au moment des faits, mais son GSM a borné au moment des faits à proximité de la zone de police. Il y a également ce couteau utilisé par le terroriste et qui appartenait à Rezki A., pour égorger des moutons lors de la fête de l’Aïd.

Les conséquences sont simples. "Ou bien vous acquitterez le prévenu des faits, ou alors vous le condamnerez sévèrement." Si le tribunal confirme la culpabilité de Rezki A., alors une peine pas inférieure à 15 ans de prison ferme est requise.

Pour Me Khoulalene, assurant la défense de Rezki A., le dossier ne prouve pas la culpabilité de Rezki A., et ce malgré les éléments avancés par les parties civiles. "Ce n’est pas quelqu’un de radical et il est parfaitement intégré à la société belge." L’avocat carolo estime qu’il n’est pas impossible que Khaled Boubari se soit rendu sur les lieux à pied. "On prétend qu’il a borné son GSM non loin des lieux. Mais il explique avoir été à un mariage en dernière minute, ce qui explique le bornage avec les antennes se trouvant à proximité de l’hôtel de police." Un acquittement est donc plaidé pour les deux préventions.

Jugement attendu le 22 février prochain.